Sud Education Paris 1 soutient la campagne « pas de recrutements, pas de rentrée »

L’actuelle campagne de recrutement le confirme : la chute du nombre de postes de MCF mis au concours est désormais vertigineuse. Réciproquement, le recours aux vacations et aux heures complémentaires des titulaires est de plus en plus massif.La situation des enseignant.e.s-chercheur.e.s précaires était déjà scandaleuse, elle est désormais insoutenable.

Un récent sondage (« Depuis la publication des postes de MCF, comment vous sentez-vous ? ») a permis de révéler, plus qu’un mal-être général, de profonds sentiments de désespoir et de colère de précaires depuis trop longtemps en proie au travail gratuit et à qui on ne laisse désormais que des miettes.

Il n’est plus possible de fermer les yeux sur cette situation ni de laisser la machine à précarité de l’ESR broyer ses non-titulaires sans réagir.Il est temps de refuser cette précarité structurelle de l’ESR qui, loin d’ailleurs de ne toucher que les non-titulaires, commence également sérieusement à attaquer nombre de titulaires (nombre d’heures complémentaires indécent, recherche chronophage de vacataires, imposition croissante de tâches non rémunérées).

Pour cette raison, SUD Éducation Paris 1 soutient l’initiative « Pas de recrutements = pas de rentrée ! », invite les enseignant·e·s-chercheur·e·s titulaires de l’université Paris 1 à se joindre au mouvement, et l’ensemble des sections SUD Éducation de l’ESR à soutenir la campagne.Solidairement,SUD Éducation Paris 1

Lien vers le sondage « Depuis la publication des postes de MCF, comment vous sentez-vous ? » : https://framaforms.org/depuis-la-publication-des-postes…

Pour participer à la campagne « Pas de recrutements = pas de rentrée ! » Infos sur https://framaforms.org/pas-de-recrutements-pas-de-rentree-1613164983

Vidal porte atteinte à la liberté de recherche des universitaires : un tel obscurantisme est inadmissible, la ministre Vidal doit partir !

Ce communiqué a été publié le 18/02/2021

Dimanche 14 février, sur un plateau télé de CNEWS (chaîne sur laquelle un animateur a par ailleurs été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale) la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, interrogée par Jean-Pierre Elkabbach à propos de l’article « Comment l’islamo-gauchisme gangrène les universités » du Figaro (12/02) déclarait : « Moi je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et que l’université n’est pas imperméable, [elle] fait partie de la société ». Elle a annoncé par la suite devant la représentation nationale qu’elle allait demander « notamment au CNRS » de faire une enquête sur « l’ensemble des courants de recherche » à propos de « l’islamo-gauchisme » à l’université, « de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ».

Un gouvernement qui souhaite museler les universitaires ?

Alors que les universités sont encore largement fermées, les étudiant-e-s dans une précarité sociale, une détresse psychologique et une incertitude pédagogique sans précédent, que l’ensemble de la communauté universitaire tient à bout de bras un enseignement supérieur et une recherche que le ministère vient d’affaiblir, précariser et libéraliser encore plus via la LPR rejetée massivement, la ministre tente un contre-feu digne de son collègue de l’Éducation nationale. Que la ministre reprenne les termes de l’extrême-droite à travers sa dénonciation du mythe, du fantasme de « l’islamo-gauchisme » marque une fois de plus la volonté du gouvernement de mise au pas de l’Université, de ses enseignant-e-s chercheurs-euses et de son personnel en général. Nous avons déjà connu ces derniers mois une volonté de restriction des libertés académiques, de la recherche, de criminalisation des mobilisations universitaires de la part de ce gouvernement. Cette fois-ci, toutes les limites sont franchies.

En demandant au CNRS (et donc ses agent-e-s) à travers l’Alliance Athéna de mener des enquêtes sur des « courants de recherche », la ministre piétine les fondements même de la recherche publique. Mme Vidal veut-elle instituer une police de la pensée ? Interdire certaines thématiques de recherche (telles les études postcoloniales ou décoloniales, les travaux portant sur les discriminations raciales, etc.) comme c’est le cas dans certaines universités en Hongrie, Brésil ou Roumanie ?

Une offensive répressive et autoritaire tout azimut

Derrière ces propos, il y a plus que le « gauchisme », la stigmatisation de l’Islam et de ses pratiquant-e-s, ou supposé-e-s comme tel-les. Ce n’est pas un hasard si la ministre professe ces attaques quelques jours seulement après le « débat » entre Darmanin et Le Pen dans lequel le gouvernement a montré toute sa dimension réactionnaire, ou à quelques heures du vote de la loi « séparatisme » stigmatisante et discriminatoire.

La rhétorique est classique dans cette période de crise sanitaire, économique et sociale : masquer les responsabilités de l’État et du ministère dans la situation dramatique dans laquelle se trouve l’Université et la recherche aujourd’hui et allumer des contre-feux.

À travers les lois « séparatisme » et « sécurité globale », le gouvernement s’attaque frontalement à nos libertés fondamentales ; à travers les propos de la ministre, il menace aujourd’hui les libertés académiques et la possibilité d’un enseignement et d’une recherche critiques.

Pour SUD Éducation et SUD Recherche EPST :

Tout gouvernement qui se prétend démocratique doit accepter les critiques nées de l’analyse scientifique de ses actions. S’attaquer à l’université c’est s’attaquer à un lieu de construction d’un savoir critique.

— Aucun-e collègue, au CNRS comme dans des universités, quel que soit son statut, ne doit participer à cette campagne de dénonciation.

— Les libertés académiques et de recherche sont fondamentales et non négociables, pour un ESR émancipateur et débarrassé d’injonctions idéologiques comme économiques d’où qu’elles viennent.

Nous réaffirmons notre opposition aux lois « séparatisme » et « sécurité globale » comme à la LPR.

La ministre F. Vidal, que l’on connaissait déjà autoritaire et hermétique à la détresse du monde universitaire, a perdu toute légitimité avec ces propos injurieux et menaçants : elle doit partir.

Des annonces gouvernementales sans nous donner de moyens: halte au mépris !

    La situation des étudiant·e·s, déjà compliquée avant l’épidémie, est désormais totalement inacceptable. La précarité explose, notamment du fait de la fermeture de nombreux emplois (restauration notamment) qui leur permettaient un complément de revenus, voire de financer l’intégralité de leurs études. Nombre d’entre elles et eux sont retourné·e·s (plus ou moins volontairement) chez leurs parents lors de l’annonce du deuxième confinement, les mettant dans des situations de dépendance parfois grave envers leurs familles, et leur faisant en tout cas perdre leur autonomie. D’autres, resté·e·s pour suivre leur cursus à distance dans des appartements parfois exigus, se retrouvent privé·e·s d’occasions de sociabilité.

La surcharge mentale et de travail due aux confinements, les changements souvent brutaux de modalités d’enseignement et de validation des examens, ont également renforcé cette détresse, en les forçant à passer plus de temps à travailler que dans une situation habituelle. Cet accroissement du rythme de travail, qui plus est sur écran, a pour beaucoup d’entre elles et eux raréfié les temps de déconnexion, d’exercice physique et de repos, créant des situations sanitaires et psychologiques extrêmement problématiques. Enfin, la solitude, l’isolement et les conditions sociales et sanitaires générales ont conduit à une immense augmentation des cas de dépression, comme en témoignent plusieurs enquêtes, pouvant parfois aller jusqu’à des tentatives de suicide: c’est le cas à Lyon, où deux étudiant·e·s ont tenté récemment de mettre fin à leurs jours.  



Pour les personnels administratifs et les enseignant·e·s, le principal problème a été celui de la surcharge massive de travail impliquée par les nombreux changements de mode d’enseignement, par le passage au distanciel, par le suivi individualisé, les réponses aux mails, la gestion des copies en distanciel, la réorganisation des cours, les changements en permanence d’emploi du temps, les horaires différés… Les craintes sanitaires pèsent également, notamment sur les personnels les plus fragiles.  

Face à cela, le ministère a refusé de prendre ses responsabilités, laissant les universités, puis les composantes, gérer individuellement et sans concertation cette situation. Ce mépris, doublé d’une absence de moyens supplémentaires qui nous aurait permis de faire face à cette crise, conduit à une dilution des décisions et des responsabilités, qui renforce le constat d’impuissance. Les annonces récentes de Jean Castex, puis celles d’Emmanuel Macron (annulant celles de son premier ministre !), qui ouvrent la possibilité pour un pourcentage d’étudiant·e·s de retourner périodiquement à l’université ne sont qu’un signe de plus de ce mépris : ces annonces floues laissent aux responsables administratifs et pédagogiques la charge de transformer le coup de communication en dispositifs concrets. Mais avec quel temps et avec quels moyens des personnels administratifs et enseignant·e·s eux-mêmes en souffrance, vont-ils pouvoir traiter les demandes des 20% d’étudiant·e·s qui souhaitent assister en présentiel à un cours ?   

Depuis plusieurs semaines, alors que la souffrance étudiante et la crise de l’université se font enfin entendre, se pose la question de l’ouverture ou non des universités comme solution à la misère étudiante. Refusons de nous laisser enfermer dans un faux débat entre ouverture et fermeture, présentiel et distanciel, alors que nous n’avons ni les moyens ni la capacité de proposer de réelles solutions ! Ce n’est pas en accueillant les étudiant·e·s dans les universités, dans des conditions qui n’étaient déjà pas satisfaisantes avant la crise sanitaire, que nous règlerons la précarité et l’aggravation de leur situation mentale.  




  Face à ces conditions de travail et d’études intenables, SUD Éducation Paris 1 réclame :   

– une augmentation des moyens : nous ne pourrons pas rouvrir nos universités dans des conditions sanitaires et d’enseignement décentes sans embaucher des personnels administratifs et des enseignant·e·s titulaires qui nous permettent d’enseigner en effectifs limités  

– de la cohérence et de l’harmonisation entre les différentes équipes et UFR, afin de ne pas noyer les étudiant·e·s et les chargé·e·s de TD sous des demandes absurdes et contradictoires qui renforcent l’incompréhension et l’abandon  

– la garantie de la sécurité des personnels, notamment en permettant une présence adaptée aux besoins (notamment dans les bibliothèques), afin d’éviter de faire courir aux collègues des risques inutiles  

– la mise à disposition, en permettant le respect des gestes barrières (fourniture de masques, de gel hydroalcoolique…) de lieux, dans les universités, où les étudiant·e·s peuvent se revoir et refaire du lien, y compris hors des cours. Pour cela, l’université peut profiter de ses nombreux sites pour permettre un accueil différencié. Il faut également s’assurer que le contrôle effectué par les vigiles dans certains sites n’empêche pas les étudiant·e·s d’y accéder, suivant la logique sécuritaire en place à l’université depuis plusieurs années  

– la réduction de la charge de travail : prendre au sérieux la santé mentale des étudiant·e·s implique d’alléger les programmes d’enseignement, de réduire le temps de cours en distanciel, d’adapter les évaluations et de ne pas les changer au dernier moment, de prendre en compte les spécificités (étudiant·e·s salarié·e·s, confiné·e·s loin de Paris, dans des conditions matérielles précaires…)    

Pour s’organiser et construire un véritable mouvement collectif, nous appelons à nous appuyer sur les initiatives déjà existantes :   

– le soutien aux mobilisations étudiant·e·s, depuis plusieurs semaines, et qui prennent une ampleur de plus en plus massive. Parmi elles, on peut citer celui des monitrices et moniteurs étudiant·e·s de la Bibliothèque Sainte Barbe (MOET BSB), en grève depuis plusieurs semaines pour réclamer le paiement de leurs heures pendant les fermetures liées au confinement, et de meilleures conditions de travail  

– afin d’identifier et de faire remonter la souffrance au travail et en études, nous vous encourageons à nous contacter, dans la continuation des prises de paroles lors du mouvement de grève de l’hiver dernier, autour du podcast J’ai mal à ma fac. Si vous souhaitez témoigner, anonymement ou non, à l’écrit ou à l’oral, vous pouvez nous contacter.

La section syndicale Sud Éducation de Paris 1

SOUTIEN À LA LUTTE DES PRÉCAIRESDE LA BIBLIOTHÈQUE SAINTE-BARBE :

SUD Culture Solidaires et SUD Education soutiennent la lutte des moniteurs et monitrices étudiant-e-s de la bibliothèque Sainte-Barbe, à Paris, qui dépend de l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle.


Ces précaires sont mobilié-e-s depuis le samedi 5 décembre, avec déjà 3 journées de grève très suivies qui ont entraîné à chaque fois la fermeture de la bibliothèque, afin de réclamer :
– Que leurs salaires soient bien versés suite à la fermeture exceptionnelle de la bibliothèque au mois de novembre, à cause de la crise sanitaire et des mesures gouvernementales, sans avoir à rattraper leurs heures de travail.
– La garantie du maintien de leurs rémunérations sans rattrapage horaire en cas de nouveau confinement ou de nouvelle fermeture de la bibliothèque face à la pandémie en cours.
-Le retrait du projet de nouveaux contrats pour l’année universitaire 2021-2022 qui précariseraient encore plus leur situation et la garantie que leurs conditions de travail ne se dégraderont pas, notamment au niveau des congés et de la base d’heures fixes hebdomadaires.


Nous appuyons ces revendications et nous exigeons que la direction de l’université Paris III Sorbonne Nouvelle ouvre enfin de vraies négociations pour donner des réponses positives à ces demandes.
Nous appelons à soutenir la lutte des précaires de la bibliothèque Sainte-Barbe en participant à leurs actions, en venant les rejoindre sur les piquets de grève dans le respect des mesures de précaution sanitaire (voir les rendez vous ici MOET en Lutte – Moniteur·rice·s étudiant·e·s de la BSB en grève )
en signant leur pétition en ligne : http://chng.it/d9cPjVsWcV
et en versant à leur caisse de solidarité en ligne : https://www.leetchi.com/c/soutien-aux-moniteur-rice-s-etudiant-e-s-de-la-bsb

Au-delà de cette lutte, c’est bien la situation générale des moniteurs/trices étudiant-e-s et plus largement des précaires dans les bibliothèques et les universités qui est en cause. Un peu partout, dans l’enseignement supérieur comme dans les bibliothèques relevant du ministère de la Culture, les tentatives de remettre en cause les droits des précaires ou de créer des contrats encore plus précaires se multiplient. Il faut donc une lutte commune des précaires et des titulaires pour refuser cela et pour imposer une amélioration des droits des précaires, des créations de postes de titulaires et un vrai plan de titularisation sans condition.

LA PRÉCARITÉ N’EST PAS UNE FATALITÉ !


SUD Culture Solidaires : sud@culture.gouv.fr, https://sud-culture.org/
SUD Éducation : fede@sudeducation.org, https://www.sudeducation.org/
Solidaires Étudiant-e-s : contact@solidaires-etudiant-e-s.org, https://solidaires-etudiant-e-s.org/

Contre la précarité, à l’université comme partout ailleurs : tous⋅tes ensemble le 5 décembre !


La précarité explose en France. Personnes mal-logées, vivant grâce aux aides alimentaires ou aux minimas sociaux, travailleur⋅se⋅s exploité⋅e⋅s par des contrats courts et sous-payé⋅e⋅s, exploitation des travailleur⋅se⋅s sans-papier… On ne compte plus les situations invivables, et leurs conséquences désastreuses pour la santé : impossibilité de se soigner ou de se nourrir correctement, surmenage au travail, dépressions, suicides. Le tout dans des conditions de travail de moins en moins contrôlées, et soumises à l’arbitraire patronal (réduction du rôle des CHSCT ou de l’inspection du travail).  

Cette situation se double de l’explosion du chômage, d’autant plus en cette période de crise économique renforcée par l’épidémie de COVID. Nombre de petites entreprises ferment, faute de soutien de l’État, alors que les grands groupes profitent de la crise pour licencier massivement, et augmenter leurs dividendes (comme Danone, qui supprime près de 2000 emplois en Europe alors qu’elle est largement bénéficiaire, au profit de ses actionnaires).    

L’université n’est malheureusement pas épargnée par ce mouvement. La précarité étudiante, criante depuis des années, est de plus en plus visible depuis la tentative de suicide d’Anas, notre camarade lyonnais, l’an dernier. Le COVID a renforcé cette situation, ce qu’illustrent les collectes et distributions de nourriture à destination des étudiant⋅e⋅s autour de nombreuses universités, y compris Paris 1, mais également les problèmes de mal-logement, ou l’augmentation massive des cas de décrochage et de dépression.  

Pour les personnels également, la situation s’aggrave : nous avons déjà alerté sur les conditions de travail inacceptables pour de nombreux collègues BIATSS, notamment dans les services administratifs de l’université. Dans les bibliothèques, cela se traduit notamment par le recours à des contrats précarisant type CUI-PEC faiblement rémunérés en lieu et place de postes de titulaires. Mais la situation concerne également les vacataires, doctorant⋅e⋅s et ATER, dont la précarité statutaire se maintient au plus haut, et même les enseignant⋅e⋅s titulaires, menacé⋅e⋅s par la casse des statuts inscrite dans la Loi de Programmation de la Recherche (LPR) et l’augmentation massive des heures de travail dans le cadre de l’enseignement à distance.  

  Cependant, de nombreuses luttes se mènent actuellement : rejet par le Conseil d’État d’une partie de la réforme de l’assurance-chômage obtenu grâce à Solidaires et la CGT, lutte contre les licenciements abusifs à Luxfer, reprise d’entreprises de masques sous la forme de coopératives en Bretagne, Marche des Solidarités pour exiger la régularisation massive des sans-papiers, grève massive des assistant⋅e⋅s d’éducation (AED) ce mardi dans l’éducation nationale… À l’université également, la mobilisation s’intensifie, notamment autour du collectif des précaires de l’ESR présent⋅e⋅s en masse aux dernières mobilisations, ou des moniteur⋅trice⋅s-étudiant⋅e⋅s de la bibliothèque Sainte-Barbe, en grève ce samedi pour leurs conditions de travail.    

Dans la suite de ces mouvements, et face à ces politiques de précarisation, nous exigeons une meilleure répartition du temps de travail par la semaine de 32h, une augmentation des salaires, une titularisation massive de tous⋅tes les précaires. C’est pourquoi nous appelons à un vaste rassemblement ce samedi 5 décembre, à 14h, porte des Lilas. Vous pouvez avoir accès à l’autorisation spécifique de déplacement et au communiqué intersyndical via le lien suivant : http://sudeducation75.org/article1461.html    

Contre le chômage et pour nos droits, toutes et tous dans la rue ce samedi 5 décembre !

Situation critique des RH et des services administratifs à Paris 1

    Depuis des années, nous constatons une dégradation des conditions de travail au sein des services centraux. Précarisation des personnels, restructuration arbitraire des services, management délétère, rien de tout cela ne permet de travailler de manière sereine dans notre université. Cette dégradation a des conséquences très nettes pour nos collègues : souffrance au travail, harcèlement, turnover intense dans de nombreux services (4 gestionnaires pour les doctorant⋅e⋅s de l’UFR 09 depuis la rentrée…).  

Ces problèmes entraînent également de nombreux dysfonctionnements pour les étudiant⋅e⋅s et les personnels de l’université : très longs délais dans le traitement de dossiers avec leurs conséquences (problèmes d’inscription, manque de documents pour d’autres administrations), parfois même absence totale de réponse, paiements avec plusieurs mois voire années de retard, erreurs sur les paies, contrats non-signés… Tous ces dysfonctionnements peuvent entraîner des situations dramatiques, pour les doctorant⋅e⋅s étranger⋅ère⋅s ayant besoin de visas pour pouvoir entrer en France, pour l’accès à certaines aides sociales, allant même parfois jusqu’à des endettements très lourds, ou encore jusqu’à la perte d’un concours ou un refus de détachement pour n’avoir pas pu récupérer à temps un document pourtant existant !  

L’administrateur provisoire de l’université tente, depuis la rentrée, de mettre en place la contractualisation des enseignant⋅e⋅s vacataires. Cette intention serait louable si seulement il se préoccupait de l’état de délaissement humain et financier des services des ressources humaines, et de manière générale, de la charge de travail croissante des services administratifs dont les conditions de travail permettent actuellement tout juste d’effectuer les missions existantes. Ces coups de communication effectués au mépris du travail quotidien des agent⋅e⋅s de l’université sont épuisants pour le personnel administratif comme pour les enseignant⋅e⋅s vacataires, qui font face à un dilemme inacceptable, devant accepter de subir des retards de paiement de plusieurs mois ou aller faire le siège du bureau d’agent⋅e⋅s surchargé⋅e⋅s qui ne sont pas en position de traiter l’ensemble des dossiers correctement. Il est illusoire de penser qu’une mensualisation des vacataires – qui représentent plus de 70% des enseignant⋅e⋅s de l’université, et environ 30% des heures qui y sont enseignées – est possible sans recruter massivement, et de façon pérenne, des personnels administratifs à la hauteur des besoins, sans modifier le système de gestion informatique des dossiers et sans améliorer plus généralement les conditions de travail dans les services administratifs.

Donnons-nous les moyens de réaliser nos ambitions !  

Face à ces problèmes, nous réclamons :    

*la contractualisation des BIATSS vacataires et la titularisation des contractuel⋅le⋅s le désirant, pour améliorer leurs conditions de travail et permettre une meilleure stabilité des équipes ;    

*l’embauche massive de personnels administratifs titulaires pour permettre d’alléger et de mieux répartir la charge de travail ;    

*la prévention du harcèlement au travail et la fin de l’autoritarisme au sein des services centraux, ainsi que  la mise en place de vraies structures de prévention et d’accompagnement des personnels ;   

  *la prévention du harcèlement des étudiant⋅e⋅s et des doctorant⋅e⋅s et la mise en place de structures d’accompagnement dédiées ;    

*la mensualisation et la contractualisation des enseignant⋅e⋅s vacataires, afin de diminuer le nombre de dossiers à gérer et d’améliorer leurs conditions de travail ;   

  *l’ouverture de nouveaux postes d’enseignant⋅e⋅s statutaires : doctorant⋅e⋅s contractuel⋅le⋅s, ATER, enseignant⋅e⋅s chercheur⋅e⋅s titulaires, etc., pour favoriser la stabilité des équipes pédagogiques et diminuer la charge de travail des services de ressources humaines.    

Nous appelons les différentes listes se présentant aux élections pour les conseils centraux à se positionner clairement sur ces différents points, et à agir dès le début de la nouvelle mandature. Nous resterons particulièrement attentif⋅ve⋅s à ces questions : les conditions de travail de nos collègues BIATSS ne doivent pas être sacrifiées.


L’équipe de Sud-Education Paris 1
 

Le Sénat a voté des amendements qui aggravent encore le projet de LPR. Le projet de LPR doit être abandonné !

Ce communiqué a été publié le 06/11/2020

L’examen parlementaire de la LPR se poursuit et l’opposition ne faiblit pas. Sur tous les éléments importants qui fondent notre opposition à cette réforme, il est de notre devoir de continuer à faire vivre le mouvement de contestation. Notre colère s’est accrue avec l’adoption par le Sénat de plusieurs amendements. Non seulement le Sénat a validé la mise en place des dispositifs que sont les chaires juniors et les contrats de projets qui remettent en cause nos statuts et renforcent la précarité, mais les amendements nouveaux vont encore plus loin dans les attaques contre nos statuts et le démantèlement de l’enseignement supérieur et de la recherche publique.

L’amendement 234 modifie notamment l’article L 952-2 du Code de l’éducation pour assujettir les libertés universitaires au “respect des valeurs de la République” ce qui est une atteinte pure et simple à notre liberté d’expression, liberté indispensable à l’exercice de nos missions.

L’amendement 150, et le sous-amendement qui le prolonge, remet en cause l’exigence de qualification par le CNU pour l’accès aux corps de PU et de MCF. Il s’agit là d’une remise en cause frontale d’une instance élue démocratiquement et du caractère national des concours de recrutement de fonctionnaires d’Etat. C’est la porte ouverte à des recrutements faits sur la seule volonté de pouvoirs locaux.

L’amendement 147 promet quant à lui un an d’emprisonnement et 7 500 € d’amende pour les personnes étant entrées dans un établissement d’enseignement supérieur « dans le but d’entraver la tenue d’un débat organisé dans les locaux de celui-ci ». Un délit qui porte donc sur une intention, impossible à caractériser précisément, qui remet en cause les franchises universitaires et qui constitue potentiellement une entrave aux mouvements sociaux.

Tout en réaffirmant leur exigence d’abandon de la LPR, les organisations signataires demandent à la commission mixte paritaire qui doit se réunir le 9 novembre prochain de retirer l’ensemble de ces amendements. En soutien de cette demande, elles appellent l’ensemble de nos collègues à continuer à faire entendre leurs voix en signant les pétitions existantes, en faisant voter des motions par les instances susceptibles de se réunir dans ce délai et en organisant des assemblées générales, si nécessaire en visio-conférence, pour convaincre l’ensemble des personnels que la lutte se poursuit.

Au-delà de cette échéance, nous continuerons en effet à exiger des moyens et des postes de titulaires à la hauteur des besoins de l’ESR dans le cadre de la quatrième loi de finances rectificative de 2020, du plan de relance et du projet de loi de finances pour 2021. Nous nous adresserons également aux parlementaires pour leur demander de saisir le Conseil constitutionnel sur les points de la LPR qui seraient contraires à la Constitution.

Signataires : SNTRS-CGT, CGT FERC SUP, CGT-INRAE, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, SNETAP-FSU, FO-ESR, SUD EDUCATION, SUD RECHERCHE EPST, SOLIDAIRES ETUDIANT-E-S, UNEF, L’ALTERNATIVE, FACS ET LABOS EN LUTTE, CJC

À la fac, une offensive autoritaire.



La semaine dernière, le gouvernement a pris la décision d’un reconfinement, sans moyens et sans consignes nationales, tout en maintenant une grande partie de l’activité économique. L’objectif est clair : plus de loisirs, de vie familiale ou amicale, mais le travail comme seule activité, alors même que les transports et les espaces de travail sont un des endroits où se font massivement les contaminations. Cette décision, prise de manière autoritaire et imposée brutalement, témoigne d’une seule réalité : leurs profits valent plus que nos vies.

À l’université Paris 1 également, les consignes sont des plus floues et fluctuent au jour le jour, notamment concernant les bibliothèques universitaires ou les conditions de travail des BIATSS. Alors qu’un nouveau confinement paraissait de plus en plus crédible dès la rentrée, l’administrateur provisoire a préféré prendre des décisions seul, sans aucune consultation des syndicats ou des collègues, pourtant concerné⋅e⋅s en priorité par ces mesures.
En matière d’enseignement, des cours à distance imposés sans aucune organisation préalable forcent enseignant⋅e⋅s (particulièrement les plus précaires) et étudiant⋅e⋅s à se débrouiller avec leurs propres moyens et dans l’urgence.
Nous ne pouvons pas assumer un nouveau confinement sans certitude sur nos conditions de travail et de santé!

Cet autoritarisme latent est renforcé par de nouveaux amendements à la Loi de Programmation de la Recherche (ex-LPPR) ajoutés en catimini la nuit du 28/10 au Sénat :

– suppression du Conseil National des Universités (CNU) qui, malgré ses défauts, était une instance élue et collégiale, au profit des décisions arbitraires entre amis.

– délit « d’intention d’entraves aux débats universitaires » qui servira à empêcher préventivement toute opposition à des interventions racistes ou sexistes au sein de l’université sous peine de prison. C’est une grave pénalisation des étudiant⋅e⋅s, et une atteinte au droit de faire de l’université un espace politique, avec toutes les dérives imaginables de la part de présidences d’universités qui n’ont parfois pas caché leurs opinions politiques.

– restriction des libertés académiques qui ne pourraient s’exprimer que « dans le cadre des valeurs de la République ». On sait cependant qu’elles ne sont pas fixes et qu’elles peuvent être entendues dans un sens très conservateur, dans la lignée des attaques incessantes depuis une semaine contre les « islamo-gauchistes » et les universitaires, notamment en sciences humaines, qui justifieraient le terrorisme en travaillant sur l’islamophobie.

Pour en savoir plus, un lien vers un billet du blog Academia qui explique bien la situation :https://academia.hypotheses.org/27401
Vous pouvez également signer la pétition, initiée par RogueESR, contre la LPR : http://rogueesr.fr/une_autre_lpr/

Face à cet autoritarisme croissant, qui se fait au détriment de la santé des travailleur⋅euse⋅s et des étudiant⋅e⋅s, nous exigeons une affirmation de la démocratie universitaire et nous appelons à nous organiser, d’abord en se syndiquant, et en refusant d’appliquer toutes les consignes qui pourraient nuire à notre santé ou à notre vie privée, par l’usage du droit de retrait ou l’action collective.

En cas de problème avec votre hiérarchie, de harcèlement, ou de difficultés matérielles, vous pouvez nous contacter.



Ce n’est pas parce que nous sommes confiné⋅e⋅s que nous devons rester isolé⋅e⋅s !


Sud-Education Paris 1

Reunion SUD Paris 1

la réunion de rentrée se déroule lundi 12 octobre à 18h au local de la section (salle C1603 du centre PMF – Tolbiac).
Ordre du jour
– Présentations,
– Point sur les différents dossiers en cours + décisions relatives à l’organisation
– Point sur la rentrée : administration provisoire, enseignement à distance, conditions de travail,
– Point sur les élections,
– Point LPPR
Pot !

Salut à tout.e.s,

LPPR la remobilisation,c’est maintenant !

A la suite de la convocation en rafale des différentes instances de « dialogue social », les organisations syndicales ont découvert avec stupéfaction que le gouvernement comptait accélérer le calendrier de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). SUD éducation dénonce la tentative de passage en force du Ministère de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation (MESRI) et appelle l’ensemble des personnels à se mobiliser dès maintenant pour faire échec à ce projet de loi inégalitaire et darwinienne.

Un passage en force inacceptable
La Ministre le suggérait dans le courrier qu’elle a adressé à la communauté universitaire le 13 mai : les efforts déployés par les personnels du service public d’enseignement supérieur et de recherche pendant la crise sanitaire seraient récompensés par… la mise en œuvre de la LPPR, ce projet honni qui a suscité une mobilisation massive de décembre à mars. La Ministre démontrait ainsi sa déconnexion complète par rapport à la réalité vécue de toutes les catégories de personnel et de leurs aspirations.
Ce qui pouvait alors encore s’apparenter à une mauvaise plaisanterie prend un aspect sinistre, lorsque le MESRI met désormais sa menace à exécution : les élu-e-s du personnel viennent de recevoir, simultanément, des convocations pour des réunions exceptionnelles des instances, respectivement les 12 juin (CNESER), 17 juin (CTMESR) et 22 juin (CTU), avec pour seul point à l’ordre du jour le projet de loi LPPR. Le texte du projet de loi, ainsi que l’ensemble des documents qui l’accompagnent pour un total de 220 pages, n’ont été transmis aux élu-e-s au CNESER que dimanche 7 juin.
Le MESRI annonce un passage du projet de loi LPPR au Conseil des Ministres le 8 juillet. Ce calendrier accéléré ne peut être compris que comme une tentative de prendre de vitesse une communauté universitaire et scientifique qui sort épuisée du confinement, de la pseudo-continuité pédagogique et des évaluations à distance imposées et doit maintenant préparer la rentrée prochaine dans une confusion alimentée par les incohérences du Ministère.
Ce calendrier révèle l’opportunisme d’un Ministère qui mise sur les difficultés à remobiliser dans un contexte où le télétravail a éclaté les collectifs de travail et où l’ignoble restriction des libertés publiques rend plus difficile l’action collective. Il éclaire aussi en creux les peurs d’un Ministère qui sait que son projet fait l’objet d’un rejet majoritaire et ne pourra être imposé que par la force.

Faire échec à la LPPR, maintenant
Le Ministère anticipe un boycott des instances, ce pourquoi les convocations envoyées aux représentant-e-s du personnel sont déjà assorties de l’indication de leur éventuelle reconvocation, sans quorum, une semaine plus tard. Ces instances et leur « dialogue social » ne doivent pas faire illusion : pour faire échec à la LPPR, une (re)mobilisation large est nécessaire, dès maintenant.

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SUD éduc – communiqué – LPPR – 8 juin

SUD éducation dénonce l’indignité d’un Ministère qui tente de mettre à profit les effets de la crise sanitaire pour imposer son projet largement rejeté, et appelle l’ensemble des personnels :

  • à s’organiser collectivement et à passer à l’action pour mettre en échec ce pouvoir cynique et opportuniste ;
  • à se réunir entre collègues, selon les modalités possibles, au niveau des services, labos, départements, composantes, établissements, sites universitaires ;
  • à déterminer ensemble des modalités d’action qui permettront de créer un rapport de force : motions, pétitions, grève, retenue des notes, non-tenue des jurys, refus de préparer la rentrée universitaire, etc. ;
  • à coordonner la mobilisation, à participer aux actions et initiatives prévues au niveau de l’enseignement supérieur et la recherche les 12 et 17 juin et à les décliner localement ;
  • se joindre à la mobilisation de nos collègues du service public de la santé le 16 juin.