Nouvel arrêté licence : Des formations à 2 vitesses

mardi 19 juin 2018

 

 

SUD éducation vient de prendre connaissance du projet d’arrêté licence du gouvernement : le constat est sans appel ! Dans la continuité de la loi ORE, le gouvernement poursuit son entreprise de destruction de l’enseignement supérieur.

Le cadre national des diplômes vole en éclat

Les modalités d’évaluation sont sorties de l’arrêté sur le cadre national des diplômes. Plus qu’une simple modalité d’écriture, cela résume tout le projet gouvernemental. En effet, liberté est laissée aux établissements d’enseignement supérieur de définir librement le contenu, l’organisation, les modalités d’évaluation des mentions de licence. Il ne reste du cadre national que le nom du diplôme. Gageons que dans quelques années il sera donc question de réformer aussi cela au nom du bon sens. En effet, certaines licences n’auront de commun que le nom et les 180 ECTS qu’elles représentent.

Au nom de l’individualisation des parcours on organise des licences à deux vitesses.

Même les 1500 heures de formation obligatoires sont dérégulées : elles peuvent maintenant être en présentiel (CM, TD, TP…) mais également à distance via des cours en ligne ou encore des stages ou des mises en situation professionnelle. Il n’y a donc plus aucun minimum d’heures en présentiel pour une licence. Pressurées financièrement depuis la LRU, insuffisamment dotée pour accueillir toutes et tous les étudiant-e-s, il est évident que les universités vont s’engouffrer dans la brèche pour réduire leurs coûts en diminuant les volumes horaires de formation.

La même logique devrait présider aux modalités de contrôle des connaissances qui seront décidées par les CFVU. Les modalités les moins coûteuses devraient être mises en place et notamment la suppression des sessions de rattrapages.

 

C’est le cadre budgétaire contraint qui s’impose au cadre pédagogique !

Enfin, une certification en langue sera prise en charge par les universités (sur dotation du ministère). SUD éducation exige des garanties : cela ne peut être une manne pour les officines privées. L’enseignement et la certification en langue c’est l’affaire du service public !

Pour SUD éducation, il faut une toute autre politique en matière d’enseignement supérieur. La sélection à l’entrée de l’université, la réduction du volume horaire, l’explosion du cadre national des diplômes sont un pansement sur une jambe de bois qui vise à attaquer les garanties collectives.

Les universités sont sous-dotées : des moyens à la hauteur des besoins, voilà l’urgence !

Le texte en discussion  : https://www.letudiant.fr/static/uploads/mediatheque/EDU_EDU/1/1/2069111-arre-te-licence-version-19juin-original.pdf

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Action publique 2022 : haro sur les fonctionnaires !

Sous le doux nom « d’Action publique 2022 » le gouvernement a annoncé un plan de dynamitage de la Fonction publique : plan de départs volontaires, suppressions de postes, recours accru aux contractuel-le-s, maintien du gel des salaires, rémunération au mérite, remise en cause du statut et du régime de retraite… Au mépris pour les fonctionnaires s’ajoute une volonté de brader les services publics qui sont pourtant le bien commun de la population et permettent d’organiser la solidarité.

 

 

Suppressions de postes

On coupe !

Pas moins de 120 000 suppressions de postes prévues dont 50 000 dans la Fonction publique d’état cela n’épargnera pas l’éducation nationale. Ainsi, les postes ouverts aux concours du CRPE (1er degré) sont en baisse tout comme pour les concours du 2nd degré : 35% de postes en moins en 2018 par rapport à 2017 !
Dans le même temps, la réforme du lycée va elle aussi entrainer la suppression de plusieurs milliers de postes. C’est le retour aux difficiles années du quinquennat Sarkozy (pendant lequel Jean-Michel Blanquer était à la tête de la DGESCO) qui se profile. Dans les établissements cela se traduit comme toujours par des hausses d’effectifs, des dédoublements supprimés, des options qui ne sont plus financées. Les établissements attendent d’ailleurs toujours de recevoir les heures pour l’accompagnement à l’orientation prévu dans la nouvelle classe de 2nde qui doit se mettre en place dès la rentrée de septembre 2018.
SUD éducation revendique des créations de postes à hauteur des besoins et la baisse des effectifs par classe.

Postes supprimés, fermetures de classes assurées

Dans le 1er degré, pour fournir les enseignant-e-s nécessaires dans les classes à 12 élèves, dans de nombreux départements, ce sont des titulaires brigades (remplaçant-e-s dans le premier degré, déjà en nombre notoirement insuffisant) et des PDMQDC (plus de maîtres que de classes) qui seront déplacé-e-s. Leurs postes seront supprimés pour la plupart. Le nombre de poste au concours apparaît insuffisant, car l’augmentation est bien trop faible pour couvrir les besoins d’ouvertures de ces postes. Le ministère ne se donne pas les moyens de sa politique. La conséquence : des fermetures de classes. Les classes de Très Petites Sections sont largement concernées en contradiction avec les politiques annoncées pour la maternelle. Mais aussi l’augmentation du nombre d’élèves par classe dans toutes les écoles qui se situent hors ZEP ainsi que la multiplication des classes multi niveaux (non choisis) à effectifs pléthoriques dans les écoles rurales.

Attaque contre le statut

hausse du recrutement par contrat

Le plan « Action publique 2022 » prévoit de « réfléchir aux voies d’accès à la FP sans toucher au statut » MAIS en utilisant d’autres voies d’intégrations que le concours et notamment un recours accru aux contractuel-le-s. Alors qu’une personne sur quatre est déjà en CDD, CDI ou CUI dans l’éducation nationale (sans même parler de la multiplication des services civiques sur des missions de soutien scolaire dans les établissements), la multiplication des contrats au détriment du statut de fonctionnaire est déjà une attaque directe contre le statut. Pour SUD éducation, le statut de fonctionnaire doit être la norme d’emploi dans la Fonction publique.
Nous revendiquons la titularisation de toutes et tous les précaire, sans condition de concours ni de nationalité.

Salaires

gel des salaires, rémunération au mérite

Le gouvernement souhaite remettre en cause les augmentations collectives de salaire au profit d’un recours accru au RIFSEEP (prime individuelle au mérite). Non seulement le gouvernement promeut la rémunération au mérite et donc l’individualisation des rémunérations, mais il entend remettre en cause la structure même des rémunérations qu’il estime fortement influencée par le Code des pensions et le calcul de la retraite sur les six derniers mois.
La réforme des retraites et la casse du code des pensions se profilent !
SUD éducation revendique une augmentation générale des salaires !

Paritarisme

La loi Travail 2 appliquée à la FP

Suppression des CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), limitation des compétences des commissions paritaires : c’est laisser la question des mutations, des congés formation, des promotions, des conditions de travail entre les mains de l’administration sans contrôle des organisations syndicales et donc des personnels.

 

Action publique 2022 : haro sur les fonctionnaires ! (le 4 pages en pdf)

 

Parcoursup : les premières remontées montrent une nette inégalité entre lycées

SUD éducation a appelé les professeur-e-s et les lycéen-ne-s à renseigner et à actualiser les résultats de Parcoursup pour leur classe. Nous faisons ce travail de compilation parce que le gouvernement ne le fait pas : il ne donne qu’un résultat global quotidien qui masque les écarts qui existent entre les filières de baccalauréat, les lycées, les territoires.

Les écarts observés entre classes de filières différentes et de lycées différents sont révélateurs du tri social opéré par Parcoursup. Le dispositif mis en œuvre par le gouvernement ne fait en réalité qu’aggraver les inégalités sociales et scolaires.

Suivre l’état de la situation sur  http://sudeducation75.org/spip.php?article1040

Non à la mise sous tutelle des départements réfractaires de Paris 1 et Paris 3 à ParcourSup

Communiqué de Sud éducation Paris et de Sud éducation Paris 1 suite à la mise sous tutelle des UFR de philosophie de Paris 1 et de cinéma et espagnol de Paris 3

Alors que les premiers résultats de ParcourSup, connus depuis le 22 mai sont catastrophiques, le gouvernement s’entête à appliquer une réforme qui – outre la croissance des inégalités et de la hiérarchisation des formations – entérine l’exclusion de tout un pan des lycéen.ne.s des études supérieures.

Dès le lendemain 23 mai, Frédérique Vidal a décidé de mettre sous tutelle les départements des universités Paris1 (UFR de philosophie) et Paris 3 (UFR de cinéma et d’espagnol pour le moment) qui ont continué à refuser de sélectionner et classer les dossiers ParcourSup malgré les pressions – s’opposant à une loi qu’ils jugeaient inadaptée et contraire aux missions d’enseignement de l’université. C’est donc au rectorat de Paris que revient la responsabilité de nommer une commission d’examen des vœux pour imposer le classement des dossiers, faisant fi du positionnement de ces universitaires.

Cette mise sous tutelle ainsi que la répression accrue des lycéen.ne.s, parent.e.s d’élèves, étudiant.e.s et personnels enseignant et administratif est une étape de plus vers la mise au pas des universités – rien que dans les dernières semaines, plusieurs centaines d’arrestations arbitraires a Paris lors des manifestations du 1er, du 22 et du 26 mai. Méprisant les fonctionnements collégiaux déjà bien grippés des conseils universitaires, l’autonomie proclamée n’est qu’une façade permettant de réduire les investissements publics dans l’éducation. Les universitaires et leurs instances n’ont plus qu’à devenir des exécutant.e.s silencieux.se.s des politiques néo-libérales gouvernementales, sous peine de répression !

La mise sous tutelle a bien souvent été plus insidieuse : pour plusieurs formations opposées au classement, ce sont les présidences qui se sont chargées de sélectionner, dans l’opacité la plus totale. Le président de l’Université Paris 1, après être passé outre les décisions de la CFVU qui refusait la mise en place de la sélection, s’est ainsi attelée à pressurer les différents départements qui continuaient à s’opposer aux réformes, aidée la plupart du temps par les directions des UFR (votes excluant les personnels non-titulaires, éviction des comités de sélection de tout.e.s personnes n’ayant pas une volonté d’appliquer la réforme, convocation de commissions exceptionnelles en urgence la semaine du 14 mai, refus de communiquer les critères de sélections retenus…). Ce refus d’entendre les voix de la communauté universitaire a déclenché ailleurs une vague de démission des fonctions administratives, comme à Bordeaux, ou encore à Paris 3 après la mise sous tutelle.

Dans le même temps, à Paris 1, le président Georges Haddad affirme sa volonté de poursuivre étudiant.e.s et enseignant.e.s pour leur opposition à ParcourSup, et leur participation à la non tenue des partiels dans des conditions catastrophiques. Poursuivre des enseignant.e.s non soumis.e.s au devoir de réserve pour leur positionnement contre une réforme, ce serait une première, qui en dit long sur l’autonomie réelle de l’enseignement et de la recherche aujourd’hui.

Ces mesures se révélant cependant incapables d’empêcher les contestations, le ministre de l’enseignement et de la recherche passe aujourd’hui à la vitesse supérieure, s’octroyant le droit d’appliquer la sélection en instaurant la mise sous tutelle des réfractaires qui ont tenu bon.

Nous nous opposons à la mise sous tutelle des UFR et des universités, et appelons de nouveau les enseignant.e.s à refuser d’assurer toutes leurs fonctions administratives et à refuser de siéger. Nous demandons l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires et administratives visant des personnes mobilisées.

Nous demandons le retrait de la loi ORE et du projet de loi sur la réforme du baccalauréat et des lycées. Nous demandons des moyens pour faire fonctionner nos formations et accueillir tou.te.s celles et ceux qui le souhaitent, afin d’assurer notre mission de service public pour un enseignement pour tou.te.s.

Organisons la résistance, pour une ouverture sociale de l’accès à l’enseignement supérieur !

28 mai 2018

http://sudeducation75.org/spip.php?article1043

Appel à rassemblement ce soir, soutien aux interpellé-es du 23 mai!

Suite à la journée de grève et de manifestation de la fonction publique du 22 mai, à laquelle ce sont joint les opposant-es à la loi ORE, plusieurs personnes ont été interpellées arbitrairement, dont plusieurs étudiant-es ou personnel de Paris 1.
A la fin de cette journée de mobilisation, une action menée contre la loi ORE et les résultats nouvellement connus de ParcourSup a abouti à l’occupation du lycée Arago. Une centaine de personnes y ont été interpellées et ont été placées en garde à vue dans différents commissariats parisiens. Là encore, plusieurs étudiant-es et personnels de Paris 1 sont concerné-es.
Appel à rassemblement à 17h devant le commissariat du 5eme arrondissement, rue de la Montagne Saint Geneviève
Appel à rassemblement devant le lycée Arago à 18h30, métro Nation

Liberté et abandon des poursuites pour tou-tes !

SudEduc Paris1

Motion ParcourSup votée à l’AG du 22 mai

Motion ParcourSup votée à l’unanimité des présents

L’Assemblée genérale de l’Université Paris 1 réunie le 22 mai 2018 réitère en ce jour fatidique son opposition déterminée à ParcourSup et à la sélection qu’il instaure à l’entrée à l’Université.

Elle dénonce l’autoritarisme avec lequel la présidence a refusé de prendre en compte la volonté des instances représentatives de l’Université (CFVU et conseils d’UFR) au sujet de ParcourSup et son refus de dire oui à tous les candidats quand cela était demandé par les collègues.

Elle dénonce les votes électroniques organisés par certains UFR, non contrôlables et excluant les non-titulaires, ainsi que l’absence de débats qui a caractérisé l’ensemble du processus.

Elle réclame que les critères de sélection et de départage des ex-aequo retenus par les par les commissions d’examen des vœux soient communiqués à l’ensemble de la communauté universitaire de Paris 1.

Elle tiendra pour responsables tous ceux qui avec servilité ont mis en place une sélection, opposée aux valeurs de l’université, de tous les dysfonctionnements à venir.