Quel enseignement supérieur et quelle recherche voulons-nous ?

Les politiques néo-libérales de gestion du service public ont conduit aux dysfonctionnements et aux inégalités criantes que dévoile au plus grand nombre l’épidémie de Covid-19. Aujourd’hui, les situations d’urgence que nous constatons dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche (détresse des étudiant-e-s, précarisation accrue des personnels, perte de sens) imposent non seulement la critique de la succession des réformes délétères subies, mais aussi la construction d’un horizon collectif de revendications révolutionnant son fonctionnement.

SUD éducation, avec l’Union syndicale Solidaires, appelle massivement à participer aux marches des libertés du 12 juin.

Le contexte politique est extrêmement préoccupant. L’extrême-droite est au plus haut dans les sondages. Le gouvernement mène une politique réactionnaire, xénophobe et liberticide (loi sécurité globale, loi séparatisme). Les tribunes publiées par des militaires laissent planer une ambiance de menace sur la démocratie. Les manifestations de policier-e-s mettant en cause la justice, avec le soutien du ministre de l’intérieur et de responsables politiques, sont inquiétantes en termes de séparation des pouvoirs. Les interdictions de manifester se multiplient. Face à cette situation, il est urgent d’organiser une riposte massive, dans l’unité des organisations.

Et dans l’éducation ?

Dans notre secteur également, l’autoritarisme et la réaction sont à l’oeuvre. Jean-Michel Blanquer ne cache pas sa proximité avec les franges les plus réactionnaires du monde éducatif, comme SOS éducation. Nathalie Elimas, secrétaire d’État à l’éducation prioritaire, a fait partie des soutiens à la Manif pour tous. Au-delà des affiliations, Blanquer mène une politique autoritaire et réactionnaire. Il multiplie les sorties islamophobes et sexistes. Dans l’enseignement supérieur, la ministre Vidal s’est lancée dans une chasse aux sorcières pour intimider les enseignant-e-s et chercheur-s militant-e-s, notamment des luttes antiracistes. Les raisons pour les personnels de l’Éducation de se mobiliser le 12 juin ne manquent donc pas. Mais au-delà des agissements de nos ministres, le rôle des personnels de l’Éducation, qui oeuvrent au quotidien pour l’émancipation des élèves, est bien de lutter contre l’extrême-droite, l’obscurantisme et l’intolérance. Toutes et tous ensemble, personnels de l’Éducation, mobilisons-nous le 12 juin !

Le 12 juin, les personnels de l’Éducation seront dans la rue !

SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à participer massivement aux marches des libertés organisées sur tout le territoire.

Retrouvez les rdv sur www.marchedeslibertes.fr

Vous êtes enseignant.e vacataire à l’Université. Que pensez-vous de la campagne « Pas de recrutements = pas de rentrée ! » ?


En mars a été lancée la campagne « Pas de recrutements = pas de rentrée ! », à destination des enseignant·e·s-chercheur·e·s titulaires.


Participer à cette campagne, c’est refuser d’assurer des heures complémentaires et/ou de recruter des vacataires pour la rentrée prochaine. La campagne prévoit également la constitution de caisses de solidarité, de manière à ne pas fragiliser les enseignant.e.s vacataires qui dépendent souvent fortement de ces vacations pour vivre.

Vous êtes enseignant.e vacataire à l’Université. Que pensez-vous de cette campagne ?

Pour répondre :
https://framaforms.org/vous-etes-enseignante-vacataire-a-luniversite-que-pensez-vous-de-la-campagne-pas-de-recrutements-pas

Une action de l’équipe de la page Facebook « Précarités de l’ESR mobilisées » https://www.facebook.com/Précarités-de-lESR-mobilisées

8 ans après, Clément vit dans nos luttes :

Il y a 8 ans, notre camarade Clément Méric, militant syndical et antifasciste, était assassiné par des militants néonazis, en plein Paris. Samedi 5 juin, une manifestation antifasciste partira à 14h de la place de la République.

Depuis une semaine se tient le procès en appel de ses assassins ; vous pouvez lire les compte-rendus sur le site du collectif La Horde : https://lahorde.samizdat.net/Actualites

Bien qu’il soit nécessaire que la justice reconnaisse la responsabilité des militants de l’organisation néonazie Troisième Voie qui s’en sont pris à Clément et à ses amis ce 5 juin 2013, cela ne saurait suffire car, par-delà la question judiciaire, il est impératif d’organiser une mobilisation politique et de replacer le meurtre de Clément sur le plan politique : la montée en puissance de l’extrême droite et de ses violences dans le monde.

Car 8 ans après sa mort, les forces fascistes contre lesquelles luttait Clément ne cessent de progresser. En plus de l’essor électoral du Rassemblement national, on a pu observer non seulement la persistance des violences perpétrées par des groupes d’extrême droite, mais aussi la circulation de leurs idées, des plateaux télés jusqu’au plus haut sommet de l’État. Depuis 8 ans, on a vu la chasse aux migrant-e-s s’intensifier, le racisme institutionnel et en particulier l’islamophobie gagner en légitimité et en intensité dans toutes les sphères de la société. On a vu le complotisme se développer et les actes antisémites augmenter. On a vu les violences policières s’étendre, tandis que des politiques néolibérales frappent de plein fouet les plus démuni-e-s. Les mouvements sociaux de ces dernières années ont été largement réprimés, cette répression s’étendant à celles et ceux qui luttent contre les idées réactionnaires, qu’illles soient antifascistes, syndicalistes ou militant-e-s LGBTQIA+.

Face au tournant autoritaire de l’État et à la radicalisation d’une large partie du champ politique français, nous serons dans la rue le 5 juin, en mémoire de Clément, mais aussi pour appeler à poursuivre les combats qu’il menait.

Appel unitaire

Sud Education Paris 1 soutient la campagne « pas de recrutements, pas de rentrée »

L’actuelle campagne de recrutement le confirme : la chute du nombre de postes de MCF mis au concours est désormais vertigineuse. Réciproquement, le recours aux vacations et aux heures complémentaires des titulaires est de plus en plus massif.La situation des enseignant.e.s-chercheur.e.s précaires était déjà scandaleuse, elle est désormais insoutenable.

Un récent sondage (« Depuis la publication des postes de MCF, comment vous sentez-vous ? ») a permis de révéler, plus qu’un mal-être général, de profonds sentiments de désespoir et de colère de précaires depuis trop longtemps en proie au travail gratuit et à qui on ne laisse désormais que des miettes.

Il n’est plus possible de fermer les yeux sur cette situation ni de laisser la machine à précarité de l’ESR broyer ses non-titulaires sans réagir.Il est temps de refuser cette précarité structurelle de l’ESR qui, loin d’ailleurs de ne toucher que les non-titulaires, commence également sérieusement à attaquer nombre de titulaires (nombre d’heures complémentaires indécent, recherche chronophage de vacataires, imposition croissante de tâches non rémunérées).

Pour cette raison, SUD Éducation Paris 1 soutient l’initiative « Pas de recrutements = pas de rentrée ! », invite les enseignant·e·s-chercheur·e·s titulaires de l’université Paris 1 à se joindre au mouvement, et l’ensemble des sections SUD Éducation de l’ESR à soutenir la campagne.Solidairement,SUD Éducation Paris 1

Lien vers le sondage « Depuis la publication des postes de MCF, comment vous sentez-vous ? » : https://framaforms.org/depuis-la-publication-des-postes…

Pour participer à la campagne « Pas de recrutements = pas de rentrée ! » Infos sur https://framaforms.org/pas-de-recrutements-pas-de-rentree-1613164983

Vidal porte atteinte à la liberté de recherche des universitaires : un tel obscurantisme est inadmissible, la ministre Vidal doit partir !

Ce communiqué a été publié le 18/02/2021

Dimanche 14 février, sur un plateau télé de CNEWS (chaîne sur laquelle un animateur a par ailleurs été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale) la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, interrogée par Jean-Pierre Elkabbach à propos de l’article « Comment l’islamo-gauchisme gangrène les universités » du Figaro (12/02) déclarait : « Moi je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et que l’université n’est pas imperméable, [elle] fait partie de la société ». Elle a annoncé par la suite devant la représentation nationale qu’elle allait demander « notamment au CNRS » de faire une enquête sur « l’ensemble des courants de recherche » à propos de « l’islamo-gauchisme » à l’université, « de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ».

Un gouvernement qui souhaite museler les universitaires ?

Alors que les universités sont encore largement fermées, les étudiant-e-s dans une précarité sociale, une détresse psychologique et une incertitude pédagogique sans précédent, que l’ensemble de la communauté universitaire tient à bout de bras un enseignement supérieur et une recherche que le ministère vient d’affaiblir, précariser et libéraliser encore plus via la LPR rejetée massivement, la ministre tente un contre-feu digne de son collègue de l’Éducation nationale. Que la ministre reprenne les termes de l’extrême-droite à travers sa dénonciation du mythe, du fantasme de « l’islamo-gauchisme » marque une fois de plus la volonté du gouvernement de mise au pas de l’Université, de ses enseignant-e-s chercheurs-euses et de son personnel en général. Nous avons déjà connu ces derniers mois une volonté de restriction des libertés académiques, de la recherche, de criminalisation des mobilisations universitaires de la part de ce gouvernement. Cette fois-ci, toutes les limites sont franchies.

En demandant au CNRS (et donc ses agent-e-s) à travers l’Alliance Athéna de mener des enquêtes sur des « courants de recherche », la ministre piétine les fondements même de la recherche publique. Mme Vidal veut-elle instituer une police de la pensée ? Interdire certaines thématiques de recherche (telles les études postcoloniales ou décoloniales, les travaux portant sur les discriminations raciales, etc.) comme c’est le cas dans certaines universités en Hongrie, Brésil ou Roumanie ?

Une offensive répressive et autoritaire tout azimut

Derrière ces propos, il y a plus que le « gauchisme », la stigmatisation de l’Islam et de ses pratiquant-e-s, ou supposé-e-s comme tel-les. Ce n’est pas un hasard si la ministre professe ces attaques quelques jours seulement après le « débat » entre Darmanin et Le Pen dans lequel le gouvernement a montré toute sa dimension réactionnaire, ou à quelques heures du vote de la loi « séparatisme » stigmatisante et discriminatoire.

La rhétorique est classique dans cette période de crise sanitaire, économique et sociale : masquer les responsabilités de l’État et du ministère dans la situation dramatique dans laquelle se trouve l’Université et la recherche aujourd’hui et allumer des contre-feux.

À travers les lois « séparatisme » et « sécurité globale », le gouvernement s’attaque frontalement à nos libertés fondamentales ; à travers les propos de la ministre, il menace aujourd’hui les libertés académiques et la possibilité d’un enseignement et d’une recherche critiques.

Pour SUD Éducation et SUD Recherche EPST :

Tout gouvernement qui se prétend démocratique doit accepter les critiques nées de l’analyse scientifique de ses actions. S’attaquer à l’université c’est s’attaquer à un lieu de construction d’un savoir critique.

— Aucun-e collègue, au CNRS comme dans des universités, quel que soit son statut, ne doit participer à cette campagne de dénonciation.

— Les libertés académiques et de recherche sont fondamentales et non négociables, pour un ESR émancipateur et débarrassé d’injonctions idéologiques comme économiques d’où qu’elles viennent.

Nous réaffirmons notre opposition aux lois « séparatisme » et « sécurité globale » comme à la LPR.

La ministre F. Vidal, que l’on connaissait déjà autoritaire et hermétique à la détresse du monde universitaire, a perdu toute légitimité avec ces propos injurieux et menaçants : elle doit partir.

Des annonces gouvernementales sans nous donner de moyens: halte au mépris !

    La situation des étudiant·e·s, déjà compliquée avant l’épidémie, est désormais totalement inacceptable. La précarité explose, notamment du fait de la fermeture de nombreux emplois (restauration notamment) qui leur permettaient un complément de revenus, voire de financer l’intégralité de leurs études. Nombre d’entre elles et eux sont retourné·e·s (plus ou moins volontairement) chez leurs parents lors de l’annonce du deuxième confinement, les mettant dans des situations de dépendance parfois grave envers leurs familles, et leur faisant en tout cas perdre leur autonomie. D’autres, resté·e·s pour suivre leur cursus à distance dans des appartements parfois exigus, se retrouvent privé·e·s d’occasions de sociabilité.

La surcharge mentale et de travail due aux confinements, les changements souvent brutaux de modalités d’enseignement et de validation des examens, ont également renforcé cette détresse, en les forçant à passer plus de temps à travailler que dans une situation habituelle. Cet accroissement du rythme de travail, qui plus est sur écran, a pour beaucoup d’entre elles et eux raréfié les temps de déconnexion, d’exercice physique et de repos, créant des situations sanitaires et psychologiques extrêmement problématiques. Enfin, la solitude, l’isolement et les conditions sociales et sanitaires générales ont conduit à une immense augmentation des cas de dépression, comme en témoignent plusieurs enquêtes, pouvant parfois aller jusqu’à des tentatives de suicide: c’est le cas à Lyon, où deux étudiant·e·s ont tenté récemment de mettre fin à leurs jours.  



Pour les personnels administratifs et les enseignant·e·s, le principal problème a été celui de la surcharge massive de travail impliquée par les nombreux changements de mode d’enseignement, par le passage au distanciel, par le suivi individualisé, les réponses aux mails, la gestion des copies en distanciel, la réorganisation des cours, les changements en permanence d’emploi du temps, les horaires différés… Les craintes sanitaires pèsent également, notamment sur les personnels les plus fragiles.  

Face à cela, le ministère a refusé de prendre ses responsabilités, laissant les universités, puis les composantes, gérer individuellement et sans concertation cette situation. Ce mépris, doublé d’une absence de moyens supplémentaires qui nous aurait permis de faire face à cette crise, conduit à une dilution des décisions et des responsabilités, qui renforce le constat d’impuissance. Les annonces récentes de Jean Castex, puis celles d’Emmanuel Macron (annulant celles de son premier ministre !), qui ouvrent la possibilité pour un pourcentage d’étudiant·e·s de retourner périodiquement à l’université ne sont qu’un signe de plus de ce mépris : ces annonces floues laissent aux responsables administratifs et pédagogiques la charge de transformer le coup de communication en dispositifs concrets. Mais avec quel temps et avec quels moyens des personnels administratifs et enseignant·e·s eux-mêmes en souffrance, vont-ils pouvoir traiter les demandes des 20% d’étudiant·e·s qui souhaitent assister en présentiel à un cours ?   

Depuis plusieurs semaines, alors que la souffrance étudiante et la crise de l’université se font enfin entendre, se pose la question de l’ouverture ou non des universités comme solution à la misère étudiante. Refusons de nous laisser enfermer dans un faux débat entre ouverture et fermeture, présentiel et distanciel, alors que nous n’avons ni les moyens ni la capacité de proposer de réelles solutions ! Ce n’est pas en accueillant les étudiant·e·s dans les universités, dans des conditions qui n’étaient déjà pas satisfaisantes avant la crise sanitaire, que nous règlerons la précarité et l’aggravation de leur situation mentale.  




  Face à ces conditions de travail et d’études intenables, SUD Éducation Paris 1 réclame :   

– une augmentation des moyens : nous ne pourrons pas rouvrir nos universités dans des conditions sanitaires et d’enseignement décentes sans embaucher des personnels administratifs et des enseignant·e·s titulaires qui nous permettent d’enseigner en effectifs limités  

– de la cohérence et de l’harmonisation entre les différentes équipes et UFR, afin de ne pas noyer les étudiant·e·s et les chargé·e·s de TD sous des demandes absurdes et contradictoires qui renforcent l’incompréhension et l’abandon  

– la garantie de la sécurité des personnels, notamment en permettant une présence adaptée aux besoins (notamment dans les bibliothèques), afin d’éviter de faire courir aux collègues des risques inutiles  

– la mise à disposition, en permettant le respect des gestes barrières (fourniture de masques, de gel hydroalcoolique…) de lieux, dans les universités, où les étudiant·e·s peuvent se revoir et refaire du lien, y compris hors des cours. Pour cela, l’université peut profiter de ses nombreux sites pour permettre un accueil différencié. Il faut également s’assurer que le contrôle effectué par les vigiles dans certains sites n’empêche pas les étudiant·e·s d’y accéder, suivant la logique sécuritaire en place à l’université depuis plusieurs années  

– la réduction de la charge de travail : prendre au sérieux la santé mentale des étudiant·e·s implique d’alléger les programmes d’enseignement, de réduire le temps de cours en distanciel, d’adapter les évaluations et de ne pas les changer au dernier moment, de prendre en compte les spécificités (étudiant·e·s salarié·e·s, confiné·e·s loin de Paris, dans des conditions matérielles précaires…)    

Pour s’organiser et construire un véritable mouvement collectif, nous appelons à nous appuyer sur les initiatives déjà existantes :   

– le soutien aux mobilisations étudiant·e·s, depuis plusieurs semaines, et qui prennent une ampleur de plus en plus massive. Parmi elles, on peut citer celui des monitrices et moniteurs étudiant·e·s de la Bibliothèque Sainte Barbe (MOET BSB), en grève depuis plusieurs semaines pour réclamer le paiement de leurs heures pendant les fermetures liées au confinement, et de meilleures conditions de travail  

– afin d’identifier et de faire remonter la souffrance au travail et en études, nous vous encourageons à nous contacter, dans la continuation des prises de paroles lors du mouvement de grève de l’hiver dernier, autour du podcast J’ai mal à ma fac. Si vous souhaitez témoigner, anonymement ou non, à l’écrit ou à l’oral, vous pouvez nous contacter.

La section syndicale Sud Éducation de Paris 1

SOUTIEN À LA LUTTE DES PRÉCAIRESDE LA BIBLIOTHÈQUE SAINTE-BARBE :

SUD Culture Solidaires et SUD Education soutiennent la lutte des moniteurs et monitrices étudiant-e-s de la bibliothèque Sainte-Barbe, à Paris, qui dépend de l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle.


Ces précaires sont mobilié-e-s depuis le samedi 5 décembre, avec déjà 3 journées de grève très suivies qui ont entraîné à chaque fois la fermeture de la bibliothèque, afin de réclamer :
– Que leurs salaires soient bien versés suite à la fermeture exceptionnelle de la bibliothèque au mois de novembre, à cause de la crise sanitaire et des mesures gouvernementales, sans avoir à rattraper leurs heures de travail.
– La garantie du maintien de leurs rémunérations sans rattrapage horaire en cas de nouveau confinement ou de nouvelle fermeture de la bibliothèque face à la pandémie en cours.
-Le retrait du projet de nouveaux contrats pour l’année universitaire 2021-2022 qui précariseraient encore plus leur situation et la garantie que leurs conditions de travail ne se dégraderont pas, notamment au niveau des congés et de la base d’heures fixes hebdomadaires.


Nous appuyons ces revendications et nous exigeons que la direction de l’université Paris III Sorbonne Nouvelle ouvre enfin de vraies négociations pour donner des réponses positives à ces demandes.
Nous appelons à soutenir la lutte des précaires de la bibliothèque Sainte-Barbe en participant à leurs actions, en venant les rejoindre sur les piquets de grève dans le respect des mesures de précaution sanitaire (voir les rendez vous ici MOET en Lutte – Moniteur·rice·s étudiant·e·s de la BSB en grève )
en signant leur pétition en ligne : http://chng.it/d9cPjVsWcV
et en versant à leur caisse de solidarité en ligne : https://www.leetchi.com/c/soutien-aux-moniteur-rice-s-etudiant-e-s-de-la-bsb

Au-delà de cette lutte, c’est bien la situation générale des moniteurs/trices étudiant-e-s et plus largement des précaires dans les bibliothèques et les universités qui est en cause. Un peu partout, dans l’enseignement supérieur comme dans les bibliothèques relevant du ministère de la Culture, les tentatives de remettre en cause les droits des précaires ou de créer des contrats encore plus précaires se multiplient. Il faut donc une lutte commune des précaires et des titulaires pour refuser cela et pour imposer une amélioration des droits des précaires, des créations de postes de titulaires et un vrai plan de titularisation sans condition.

LA PRÉCARITÉ N’EST PAS UNE FATALITÉ !


SUD Culture Solidaires : sud@culture.gouv.fr, https://sud-culture.org/
SUD Éducation : fede@sudeducation.org, https://www.sudeducation.org/
Solidaires Étudiant-e-s : contact@solidaires-etudiant-e-s.org, https://solidaires-etudiant-e-s.org/

Contre la précarité, à l’université comme partout ailleurs : tous⋅tes ensemble le 5 décembre !


La précarité explose en France. Personnes mal-logées, vivant grâce aux aides alimentaires ou aux minimas sociaux, travailleur⋅se⋅s exploité⋅e⋅s par des contrats courts et sous-payé⋅e⋅s, exploitation des travailleur⋅se⋅s sans-papier… On ne compte plus les situations invivables, et leurs conséquences désastreuses pour la santé : impossibilité de se soigner ou de se nourrir correctement, surmenage au travail, dépressions, suicides. Le tout dans des conditions de travail de moins en moins contrôlées, et soumises à l’arbitraire patronal (réduction du rôle des CHSCT ou de l’inspection du travail).  

Cette situation se double de l’explosion du chômage, d’autant plus en cette période de crise économique renforcée par l’épidémie de COVID. Nombre de petites entreprises ferment, faute de soutien de l’État, alors que les grands groupes profitent de la crise pour licencier massivement, et augmenter leurs dividendes (comme Danone, qui supprime près de 2000 emplois en Europe alors qu’elle est largement bénéficiaire, au profit de ses actionnaires).    

L’université n’est malheureusement pas épargnée par ce mouvement. La précarité étudiante, criante depuis des années, est de plus en plus visible depuis la tentative de suicide d’Anas, notre camarade lyonnais, l’an dernier. Le COVID a renforcé cette situation, ce qu’illustrent les collectes et distributions de nourriture à destination des étudiant⋅e⋅s autour de nombreuses universités, y compris Paris 1, mais également les problèmes de mal-logement, ou l’augmentation massive des cas de décrochage et de dépression.  

Pour les personnels également, la situation s’aggrave : nous avons déjà alerté sur les conditions de travail inacceptables pour de nombreux collègues BIATSS, notamment dans les services administratifs de l’université. Dans les bibliothèques, cela se traduit notamment par le recours à des contrats précarisant type CUI-PEC faiblement rémunérés en lieu et place de postes de titulaires. Mais la situation concerne également les vacataires, doctorant⋅e⋅s et ATER, dont la précarité statutaire se maintient au plus haut, et même les enseignant⋅e⋅s titulaires, menacé⋅e⋅s par la casse des statuts inscrite dans la Loi de Programmation de la Recherche (LPR) et l’augmentation massive des heures de travail dans le cadre de l’enseignement à distance.  

  Cependant, de nombreuses luttes se mènent actuellement : rejet par le Conseil d’État d’une partie de la réforme de l’assurance-chômage obtenu grâce à Solidaires et la CGT, lutte contre les licenciements abusifs à Luxfer, reprise d’entreprises de masques sous la forme de coopératives en Bretagne, Marche des Solidarités pour exiger la régularisation massive des sans-papiers, grève massive des assistant⋅e⋅s d’éducation (AED) ce mardi dans l’éducation nationale… À l’université également, la mobilisation s’intensifie, notamment autour du collectif des précaires de l’ESR présent⋅e⋅s en masse aux dernières mobilisations, ou des moniteur⋅trice⋅s-étudiant⋅e⋅s de la bibliothèque Sainte-Barbe, en grève ce samedi pour leurs conditions de travail.    

Dans la suite de ces mouvements, et face à ces politiques de précarisation, nous exigeons une meilleure répartition du temps de travail par la semaine de 32h, une augmentation des salaires, une titularisation massive de tous⋅tes les précaires. C’est pourquoi nous appelons à un vaste rassemblement ce samedi 5 décembre, à 14h, porte des Lilas. Vous pouvez avoir accès à l’autorisation spécifique de déplacement et au communiqué intersyndical via le lien suivant : http://sudeducation75.org/article1461.html    

Contre le chômage et pour nos droits, toutes et tous dans la rue ce samedi 5 décembre !

Situation critique des RH et des services administratifs à Paris 1

    Depuis des années, nous constatons une dégradation des conditions de travail au sein des services centraux. Précarisation des personnels, restructuration arbitraire des services, management délétère, rien de tout cela ne permet de travailler de manière sereine dans notre université. Cette dégradation a des conséquences très nettes pour nos collègues : souffrance au travail, harcèlement, turnover intense dans de nombreux services (4 gestionnaires pour les doctorant⋅e⋅s de l’UFR 09 depuis la rentrée…).  

Ces problèmes entraînent également de nombreux dysfonctionnements pour les étudiant⋅e⋅s et les personnels de l’université : très longs délais dans le traitement de dossiers avec leurs conséquences (problèmes d’inscription, manque de documents pour d’autres administrations), parfois même absence totale de réponse, paiements avec plusieurs mois voire années de retard, erreurs sur les paies, contrats non-signés… Tous ces dysfonctionnements peuvent entraîner des situations dramatiques, pour les doctorant⋅e⋅s étranger⋅ère⋅s ayant besoin de visas pour pouvoir entrer en France, pour l’accès à certaines aides sociales, allant même parfois jusqu’à des endettements très lourds, ou encore jusqu’à la perte d’un concours ou un refus de détachement pour n’avoir pas pu récupérer à temps un document pourtant existant !  

L’administrateur provisoire de l’université tente, depuis la rentrée, de mettre en place la contractualisation des enseignant⋅e⋅s vacataires. Cette intention serait louable si seulement il se préoccupait de l’état de délaissement humain et financier des services des ressources humaines, et de manière générale, de la charge de travail croissante des services administratifs dont les conditions de travail permettent actuellement tout juste d’effectuer les missions existantes. Ces coups de communication effectués au mépris du travail quotidien des agent⋅e⋅s de l’université sont épuisants pour le personnel administratif comme pour les enseignant⋅e⋅s vacataires, qui font face à un dilemme inacceptable, devant accepter de subir des retards de paiement de plusieurs mois ou aller faire le siège du bureau d’agent⋅e⋅s surchargé⋅e⋅s qui ne sont pas en position de traiter l’ensemble des dossiers correctement. Il est illusoire de penser qu’une mensualisation des vacataires – qui représentent plus de 70% des enseignant⋅e⋅s de l’université, et environ 30% des heures qui y sont enseignées – est possible sans recruter massivement, et de façon pérenne, des personnels administratifs à la hauteur des besoins, sans modifier le système de gestion informatique des dossiers et sans améliorer plus généralement les conditions de travail dans les services administratifs.

Donnons-nous les moyens de réaliser nos ambitions !  

Face à ces problèmes, nous réclamons :    

*la contractualisation des BIATSS vacataires et la titularisation des contractuel⋅le⋅s le désirant, pour améliorer leurs conditions de travail et permettre une meilleure stabilité des équipes ;    

*l’embauche massive de personnels administratifs titulaires pour permettre d’alléger et de mieux répartir la charge de travail ;    

*la prévention du harcèlement au travail et la fin de l’autoritarisme au sein des services centraux, ainsi que  la mise en place de vraies structures de prévention et d’accompagnement des personnels ;   

  *la prévention du harcèlement des étudiant⋅e⋅s et des doctorant⋅e⋅s et la mise en place de structures d’accompagnement dédiées ;    

*la mensualisation et la contractualisation des enseignant⋅e⋅s vacataires, afin de diminuer le nombre de dossiers à gérer et d’améliorer leurs conditions de travail ;   

  *l’ouverture de nouveaux postes d’enseignant⋅e⋅s statutaires : doctorant⋅e⋅s contractuel⋅le⋅s, ATER, enseignant⋅e⋅s chercheur⋅e⋅s titulaires, etc., pour favoriser la stabilité des équipes pédagogiques et diminuer la charge de travail des services de ressources humaines.    

Nous appelons les différentes listes se présentant aux élections pour les conseils centraux à se positionner clairement sur ces différents points, et à agir dès le début de la nouvelle mandature. Nous resterons particulièrement attentif⋅ve⋅s à ces questions : les conditions de travail de nos collègues BIATSS ne doivent pas être sacrifiées.


L’équipe de Sud-Education Paris 1