Reunion SUD Paris 1

la réunion de rentrée se déroule lundi 12 octobre à 18h au local de la section (salle C1603 du centre PMF – Tolbiac).
Ordre du jour
– Présentations,
– Point sur les différents dossiers en cours + décisions relatives à l’organisation
– Point sur la rentrée : administration provisoire, enseignement à distance, conditions de travail,
– Point sur les élections,
– Point LPPR
Pot !

Salut à tout.e.s,

LPPR la remobilisation,c’est maintenant !

A la suite de la convocation en rafale des différentes instances de « dialogue social », les organisations syndicales ont découvert avec stupéfaction que le gouvernement comptait accélérer le calendrier de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). SUD éducation dénonce la tentative de passage en force du Ministère de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation (MESRI) et appelle l’ensemble des personnels à se mobiliser dès maintenant pour faire échec à ce projet de loi inégalitaire et darwinienne.

Un passage en force inacceptable
La Ministre le suggérait dans le courrier qu’elle a adressé à la communauté universitaire le 13 mai : les efforts déployés par les personnels du service public d’enseignement supérieur et de recherche pendant la crise sanitaire seraient récompensés par… la mise en œuvre de la LPPR, ce projet honni qui a suscité une mobilisation massive de décembre à mars. La Ministre démontrait ainsi sa déconnexion complète par rapport à la réalité vécue de toutes les catégories de personnel et de leurs aspirations.
Ce qui pouvait alors encore s’apparenter à une mauvaise plaisanterie prend un aspect sinistre, lorsque le MESRI met désormais sa menace à exécution : les élu-e-s du personnel viennent de recevoir, simultanément, des convocations pour des réunions exceptionnelles des instances, respectivement les 12 juin (CNESER), 17 juin (CTMESR) et 22 juin (CTU), avec pour seul point à l’ordre du jour le projet de loi LPPR. Le texte du projet de loi, ainsi que l’ensemble des documents qui l’accompagnent pour un total de 220 pages, n’ont été transmis aux élu-e-s au CNESER que dimanche 7 juin.
Le MESRI annonce un passage du projet de loi LPPR au Conseil des Ministres le 8 juillet. Ce calendrier accéléré ne peut être compris que comme une tentative de prendre de vitesse une communauté universitaire et scientifique qui sort épuisée du confinement, de la pseudo-continuité pédagogique et des évaluations à distance imposées et doit maintenant préparer la rentrée prochaine dans une confusion alimentée par les incohérences du Ministère.
Ce calendrier révèle l’opportunisme d’un Ministère qui mise sur les difficultés à remobiliser dans un contexte où le télétravail a éclaté les collectifs de travail et où l’ignoble restriction des libertés publiques rend plus difficile l’action collective. Il éclaire aussi en creux les peurs d’un Ministère qui sait que son projet fait l’objet d’un rejet majoritaire et ne pourra être imposé que par la force.

Faire échec à la LPPR, maintenant
Le Ministère anticipe un boycott des instances, ce pourquoi les convocations envoyées aux représentant-e-s du personnel sont déjà assorties de l’indication de leur éventuelle reconvocation, sans quorum, une semaine plus tard. Ces instances et leur « dialogue social » ne doivent pas faire illusion : pour faire échec à la LPPR, une (re)mobilisation large est nécessaire, dès maintenant.

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SUD éduc – communiqué – LPPR – 8 juin

SUD éducation dénonce l’indignité d’un Ministère qui tente de mettre à profit les effets de la crise sanitaire pour imposer son projet largement rejeté, et appelle l’ensemble des personnels :

  • à s’organiser collectivement et à passer à l’action pour mettre en échec ce pouvoir cynique et opportuniste ;
  • à se réunir entre collègues, selon les modalités possibles, au niveau des services, labos, départements, composantes, établissements, sites universitaires ;
  • à déterminer ensemble des modalités d’action qui permettront de créer un rapport de force : motions, pétitions, grève, retenue des notes, non-tenue des jurys, refus de préparer la rentrée universitaire, etc. ;
  • à coordonner la mobilisation, à participer aux actions et initiatives prévues au niveau de l’enseignement supérieur et la recherche les 12 et 17 juin et à les décliner localement ;
  • se joindre à la mobilisation de nos collègues du service public de la santé le 16 juin.

Renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable : des ambitions sans moyens

En juin 2020, un projet d’arrêté modifiant le programme des cycles 2, 3 et 4 sur le “Renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable” est présenté au Conseil supérieur des programmes. Cet arrêté fait suite à celui du printemps 2019, puis de décembre 2019. Le ministère tâtonne et cherche à répondre aux demandes sociétales.

Quelles avancées ?
De nouveaux appuis sont proposés aux équipes enseignantes, et ce dans une perspective interdisciplinaire. L’enseignement au changement climatique, à la biodiversité, à la préservation de l’environnement est présenté comme un enjeu majeur de la formation des élèves. La sensibilisation aux enjeux climatique est ainsi distillée dans toutes les disciplines (matériaux en arts plastiques, conditions environnementales des pays étudiés en langues vivantes,…).

Les progrès se font surtout dans les matières scientifiques. En mathématiques, les exercices de calculs sur des enjeux liés au changement climatique sont mentionnés. En SVT, les conséquences négatives et positives des actions humaines sont suggérées : l‘acidification des océans, les dégradations des sols,… Mais le manque de recul critique sur certains aspects de la science demeure avec l’enseignement des biotechnologies pour l’environnement . En technologie, le coût environnemental des produits est introduit avec la référence à une démarche d’éco-conception.

Sur le cycle 4, on peut noter des points positifs avec des pistes pédagogiques en français dans le thème « agir dans le monde » sur le rapport à la nature, aux dégradations environnementales. Au contraire, le glissement sémantique du programme de géographie laisse perplexe : le thème « Prévenir les risques, s’adapter au changement global » devient « L’environnement, du local au planétaire ». Le changement global climatique et ses principaux effets géographiques régionaux reste mentionné, mais en sous objectif. Par ailleurs, tout est dorénavant axé autour des Objectifs du Développement durable de l’ONU. Intentions louables, mais qui débouchent sur des approches pédagogiques purement théoriques pour des adolescent-es ! Les équipes vont enseigner des logo et de beaux projets
mondiaux pour 2030.

Conclusion
SUD éducation salue la volonté d’inscrire la formation à la conscience écologique, l’éducation à la préservation de l’environnement dans les programmes. Toutefois ceux-ci mettent l’accent sur une démarche de responsabilisation individuelle voire de culpabilisation. Sur les cycles 1 à 4, l’étude des politiques environnementales globales et des choix politiques menés ne sont pas présentés comme objet d’étude. Il est proposé de travailler sur le coût
environnemental du numérique et ce, alors même que le ministre prône “une civilisation ultra numérique”.

Enfin, cet enjeu majeur de la formation des citoyen-nes vient se surajouter aux multiples autres enjeux. Un objectif de plus dans des programmes déjà très lourds, que les équipes devront mettre en place après 4 mois où l’école n’aura pas fonctionné normalement. L’emploi systématique de termes conditionnels montre que cet objectif est strict mais que son
application sera sûrement souple !

Les formations, les outils pédagogiques conditionneront l’appropriation de cet énième objectif essentiel. Donner des moyens pour assurer ces missions d’éducation à l’environnement serait la base : quels moyens aux sorties scolaires, aux « activités dehors », à la végétalisation des écoles et établissements scolaires ? En effet cette énième réforme s’inscrit dans un perspective théorique des savoirs transmis et ne permet pas de s’approprier concrètement les enjeux comme dans l’école polytechnique défendue par SUD éducation.

Pour les programmes scolaires, SUD éducation revendique :
• un plan de formation renforcé dans l’artisanat, l’agriculture avec l’inscription dans le cursus obligatoire en lycée agricole de la formation à l’agriculture biologique notamment
• dans les filières du bâtiment renforcer la formation à la rénovation énergétique, à l’isolation du bâti, matériaux écologiques, énergies renouvelables, etc ;
• une véritable prise en compte de la question écologique dans les programmes scolaires afin que ceux-ci permettent d’étudier l’impact du capitalisme et de ses structures sociales, et ne se contentent pas d’injonctions au changement des comportements individuels.
• Des moyens pour permettre aux équipes de mettre en œuvre 1/ des activités écologiques concrètes avec de petits groupes : création de jardins potagers, ateliers de réparation et de construction des objets de la vie courante, etc …. 2/ la pratique d’activités artistiques en petits groupes, musique, sculpture, peinture, afin de vraiment préparer la jeunesse au monde de demain.

Pour que le monde d’après ne soit pas comme le jour d’avant : le 16 juin faisons exploser notre colère !

 

Depuis des années, les personnels hospitaliers alertent sur le délabrement des hôpitaux, les réductions de personnel et les fermetures de lits, en résumé sur la « rationalisation managériale » des dépenses qui entraine que les patient·es sont traitées avec un chronomètre en main, avec de moins en moins moyens humains et financiers et de moins en moins de temps pour une attention de qualité. Cela fait des années également qu’en tant qu’usagers et usagères, nous remarquons que la situation du service public de santé se dégrade dangereusement. Mais qui a envie de penser à maladie, à la fin de vie… bref à l’hôpital ? Souvent, quand on n’est pas malade ou avec des proches malades, on préfère tenir éloignée de nous l’idée de la maladie, de la douleur ou de la mort . Et quand on commence à devoir fréquenter sérieusement les hôpitaux, pour nous même ou pour notre entourage, il devient difficile de trouver l’énergie ou le temps se mobiliser… c’est bien souvent pour cela que les soignant·es et personnels travaillant dans les hôpitaux se sont retrouvé·es seul·es dans les manifestations pour dénoncer la dégradation de la qualité des soins et de leurs conditions de travail provoquée par les politiques libérales.

Avec l’épidémie de Covid-19 les conséquences de la destruction du service public de santé nous ont explosé en pleine figure. Chaque soir à 20h nous avons applaudi les soignant·es et toutes les fameuses premières lignes obligé·es d’aller bosser. Nous avons gueulé des slogans rappelant que, au moins autant que le coronavirus, ce sont le délabrement des hôpitaux, le manque de personnel dans les EPAHD et les mauvais choix politiques qui ont causé des dizaines de milliers de morts. Nous avons accroché des banderoles à nos fenêtres… Maintenant il est temps de battre le pavé pour rappeler que, non seulement nous n’oublions pas, mais que nous sommes prêt·es à passer à l’offensive. Le mardi 16 juin les personnels hospitaliers appellent à une journée d’action pour sauver l’hôpital public et pour obtenir des conditions de travail et des rémunérations meilleures. Ne ratons pas ce rendez-vous !

Il ne s’agit pas seulement d’une solidarité fondamentale avec celles et ceux qui ont su assurer le soin de la population dans des conditions terribles, mettant leur santé, voire leur vie, en danger, sans masques protecteurs et sans blouses dignes de ce nom. Nous devons aussi rappeler haut et fort que le service public de santé, les services publics de façon générale, sont les seules choses qui appartiennent à toutes et à tous, y compris à celles et ceux qui ne possèdent rien. Depuis plus de 30 ans c’est un bien commun qui est sans cesse rogné et attaqué et c’est ce bien commun qu’il faut reconquérir, le 16 juin étant une étape !

Dans l’éducation comme ailleurs, la crise sanitaire a contribué à faire sauter des verrous : les personnels ont été et sont maintenus dans une précarité maltraitante quant à leur situation. Organiser et réorganiser sans cesse l’accueil des élèves, ne savoir parfois que la veille pour le lendemain si il sera possible de garder ses propres enfants ou non, assurer à la fois le travail à distance avec les élèves ne pouvant pas retourner à l’école et le travail en présentiel en classe, trier les enfants qui pourront ou non être accueilli·es à l’école… Et parmi tout cela, travailler dans des conditions sanitaires mettant parfois notre propre santé en péril et nous obligeant à mettre en œuvre un protocole sanitaire inapplicable, qui ne leur laisse quasiment aucun temps de pause dans la journée… Au milieu de ce naufrage, Blanquer essaie même de faire croire qu’il se préoccupe en premier lieu des élèves dans les situations les plus précaires alors qu’il organise un système scolaire qui concentre ses efforts sur les plus favorisé·es. Les zones d’implantation des EPLEI, ces écoles internationales d’élite instituées par la loi Blanquer tout comme les cadeaux aux écoles privées en sont la preuve , de même que 2C2S, dispositif de prise en charge des enfants en dehors de la classe qui va permettre un transfert de compétences de l’Éducation nationale vers les collectivités et entraînera ainsi un accroissement des inégalités entre les territoires en matière d’offre de formation.

La crise sanitaire, outre le fait qu’elle a été très mal gérée par l’État dans tous les secteurs, est utilisée pour faire avancer des projets libéraux, réactionnaires et liberticides : plus de contrôle des personnes, de leurs déplacements notamment, mais aussi lancement d’applications permettant une surveillance digne de la littérature orwellienne, accentuation du télétravail qui favorise l’atomisation des équipes, remise en cause du temps de travail pour nous faire travailler plus, remise en cause des salaires et des conditions de travail… Toutes ces attaques du libéralisme autoritaire sont accompagnées d’un classique chantage à l’emploi ou à l’union nationale face à une crise annoncée comme sans précédent.

Face à cela, ces dernières semaines nos capacités collectives à relever la tête ont retrouvé de la vigueur grâce aux plus fragilisé·es et exposée·es socialement d’entre nous. Le samedi 30 mai une manifestation interdite réunissait plusieurs milliers personnes, la plupart sans papiers, pour réclamer leur régularisation et de nouveaux droits. Les mardi 2 juin et samedi 6 juin, des dizaines de milliers de personnes, la plupart issues des quartiers dits populaires et racisées, ont bravé les interdictions de manifester pour dénoncer les violences policières et le racisme d’État, en France comme aux États-Unis.

Ces interdits bravés la tête haute ne doivent pas rester sans lendemain : toutes et tous en grève et dans la rue le mardi 16 juin, avec les soignant·es, pour nous réapproprier ce qui nous appartient, les services publics, qu’ils soient de santé ou d’éducation, et pour que le monde d’après ne soit pas encore pire que celui d’avant !

Courrier de la Ministre de l’ESR : SUD éducation dénonce une lettre insultante

Communiqué de SUD éducation

 

La Ministre Frédérique Vidal a adressé mercredi 13 mai un courrier aux « membres de la communauté de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation ». En guise de remerciement à l’attention de ces derniers, la Ministre réaffirme sa volonté de mener à terme son projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) pourtant largement rejeté. SUD éducation dénonce une lettre qui mêle insulte et provocation.

Ce courrier est insultant lorsque la Ministre loue l’« engagement », l’« énergie », l’« ambition », les « efforts », la « solidarité » et la « créativité » des agent-e-s du service public d’enseignement supérieur et de recherche (ESR). Celles-ci et ceux-ci n’ont aucunement besoin qu’un Ministère ordinairement maltraitant et méprisant leur attribue des bons points ou leur délivre une appréciation teintée de macronisme et de paternalisme. Les remerciements de la Ministre et le renouvellement de sa « confiance » résonnent comme autant d’insultes, lorsque ce qui est demandé par toutes les catégories de personnel et par leurs organisations, c’est qu’on réponde à leurs revendications : une campagne massive de recrutement de personnels titulaires pour résorber la précarité ; une augmentation du financement structurel permettant de mener des actions de recherche et de formation de manière sereine et efficace ; des conditions matérielles permettant aux établissements d’accomplir leurs missions et aux étudiant-e-s de poursuivre leur formation dans de bonnes conditions.

C’est pourtant là que la Ministre redouble d’insulte à l’égard du service public d’ESR, en affirmant que la reconnaissance du Ministère à l’égard des agent-e-s va se manifester sous la forme du projet de LPPR. Depuis l’automne, cette communauté à laquelle la Ministre s’adresse s’est massivement élevée contre les grandes orientations du projet gouvernemental esquissées à travers les rapports des trois groupes de travail LPPR : accroissement de la précarité, mise en concurrence accrue des personnels, formations, équipes et établissements, soumission de la recherche aux exigences du pouvoir politique et du patronat. Affirmer que la LPPR va constituer la matrice de l’action du Ministère pour les 10 prochaines années est donc une provocation à l’égard des milliers d’agent-e-s précaires et titulaires qui se sont mobilisé-e-s pendant plusieurs mois, se sont réuni-e-s en assemblées générales et en coordinations, ont voté des motions, ont retenu des notes et refusé de tenir des jurys, ont tenu des grèves longues et ont mis l’enseignement supérieur et la recherche à l’arrêt à partir du 5 mars.

Présenter cette même LPPR comme « l’un des plus importants mouvements de revalorisation salariale que notre système d’enseignement supérieur et de recherche a connu » est un leurre, lorsque la rémunération des agent-e-s du service public d’ESR s’est effondrée au cours des deux dernières décennies et lorsque le rapport du groupe de travail sur l’« Attractivité des emplois et des carrières scientifiques » préconise une revalorisation exclusivement par le biais de primes renforçant les inégalités entre les agent-e-s. SUD éducation revendique au contraire une augmentation générale des salaires et la réduction des écarts de rémunération.

Peut-être la Ministre espère-t-elle tirer profit, pour faire passer son projet, de la fatigue physique et psychique liée à l’épidémie et au confinement, de la surcharge de travail provoquée par les évaluations à distance et du carcan imposé par le maintien du calendrier d’évaluation des formations et des établissements et de mise en place du BUT.

SUD éducation appelle les agent-e-s du service public d’ESR à réaffirmer leur opposition aux logiques de précarisation accrue, de mise en concurrence généralisée et mise au pas de la recherche avancées par les rapports des groupes de travail LPPR, et à faire obstacle à toute tentative du Ministère de passer en force sur ces dossiers.

 

 

 

 

Doctorat et confinement

Dans la continuité du débat ouvert par le communiqué de Mobdoc que nous reprenons à la fin de ce billet,
Un Communiqué de Solidaires étudiant-e-s et SUD éducation .

Dans le cadre de la lutte contre la pandémie covid-19, les doctorant·e·s, comme une grande partie de la population, ont dû se confiner. Le 13 avril dernier, nous avons appris que les établissements d’enseignement supérieur ne rouvriront pas avant septembre 2020. Cela pose un problème important, tant pour le travail de recherche des doctorant·e·s que pour leurs moyens de subsistance.

La mise en place des mesures de confinement suppose la fermeture des bibliothèques, des centres de recherche, d’archives et des laboratoires. Elle suppose aussi l’impossibilité concrète de mener toute enquête de terrain (pour les sciences humaines et sociales) ou toute expérimentation (pour les sciences de la nature et sciences formelles), qui sont indispensables aux travaux de recherche menés par les doctorant·e·s. Ils et elles sont ainsi nombreux·ses à être dans l’incapacité de poursuivre leur travail, et/ou à devoir en reporter l’exploitation à l’an prochain. Ces mois perdus auront pour conséquence un allongement inévitable des périodes de recherche et de rédaction.

De plus, ceux et celles qui sont en troisième année et qui ont la chance d’être financé·e·s ont été brutalement stoppé·e·s dans les dernières étapes, pour beaucoup cruciales, de leurs travaux. Ils et elles se retrouveront sans contrat quand ils et elles devront reprendre en septembre. Cette précarité financière les placera dans une position incompatible avec la menée sereine et à bon terme de leurs recherches.

Les fédérations Solidaires étudiant-e-s et Sud Education revendiquent :
• La réinscription de droit et automatique de l’ensemble des
doctorant-e-s pour l’année 2020-2021 ;
• L’extension pour 6 mois de tous les contrats doctoraux afin de
permettre à tou·te·s les doctorant·e·s de terminer leurs
recherches ;
• La non-prise en compte de ces 6 mois dans la comptabilisation de
la durée de la thèse telle qu’encadrée par l’article 14 de l’arrêté du 25 mai 2016

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Banalisation de l’année de thèse et extension des financements

Les nombreux mouvements sociaux et le confinement prolongé jusqu’au 11 mai ont induit des difficultés et une ambiance anxiogène pour beaucoup d’entre nous. Les conséquences sont lourdes sur le moral et le travail. Nous demandons une banalisation de l’année universitaire, afin qu’elle ne compte pas dans la durée de thèse, ainsi qu’une prise en compte de ces difficultés et aménagements lors des jurys de qualification et de recrutement aux postes de MCF à venir. Enfin, nous demandons un rallongement des financements des thèses, y compris des CDD d’enseignement qui en sont de fait une forme, correspondant au moins à la durée du confinement. Toutes ces demandes nous paraissent indispensables à la poursuite sereine de nos thèses.
Les différentes réformes présentées cette année ont fortement affecté la vie universitaire : la réforme des retraites et la LPPR ont impliqué de nombreux mouvements et actions de protestation. Pour les travailleur·euse·s les plus précaires, ces deux réformes n’ont fait qu’accentuer leur incertitude vis-à-vis de leur avenir. À cette situation politique, déjà anxiogène, s’est ajoutée une crise sanitaire qui aura un impact à long terme sur nos vies. Le confinement, constamment reconduit (à raison : la santé étant prioritaire), limite les sorties et force certain·e·s d’entre nous à vivre dans des conditions difficiles : isolement ou promiscuité dans des logement exigus, peu voire pas de ressources pour subsister, enfants à charge, entourage en détresse également. À cela s’ajoutent des difficultés plus spécifiques à la thèse : difficulté extrême, voire impossibilité d’accès au matériel pédagogique, aux bibliothèques ou aux terrains, impossibilité de soutenir à la date prévue ou de tenir les comités de suivi, difficultés accrues d’encadrement, impossibilité de poursuivre le parcours doctoral, etc. La sérénité nécessaire à la concentration est aujourd’hui remplacée par le stress quotidien des annonces gouvernementales et médiatiques, et ce alors que l’enseignement à distance a conduit à une angoisse et une charge de travail supplémentaires inattendues.
Plusieurs initiatives nationales ont déjà réclamé une extension des financements et des durées de thèses.
Citons notamment la pétition des doctorant·e·s en CIFRE et leurs encadrant·e·s souhaitant un prolongement des financements pour la durée du confinement, ou encore l’appel de l’AG Nationale des précaires de l’ESR du 27 mars 2020 demandant à étendre les CDD dans l’ESR pour la durée du confinement (autant pour les contrats doctoraux que postdoctoraux), la non-tenue des comités de suivi de thèse, ainsi que la réinscription automatique pour l’année universitaire 2020-2021 des doctorant·e·s (en 4e année « dérogatoire » ou au delà).
Alors que les réinscriptions en thèse sont conditionnées par le parcours doctoral et de ce fait par la tenue des comités de suivi, la validation de formations, et la présence à certains événements organisés par les UFR, l’Université Paris 1 ne peut décemment pas sanctionner les doctorant·e·s qui n’ont pu valider leur parcours cette année, en empêchant leur réinscription légitime en thèse.
Pour toutes les raisons évoquées, l’année parait difficilement « normale », et nous demandons une position officielle de la part de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, de son Collège des écoles doctorales et des directeur·trice·s des écoles doctorales sur la banalisation de l’année en cours, impliquant entre autre :
La réinscription automatique pour l’année universitaire 2020-2021 de chacun·e·s des doctorant·e·s (en 4e année « dérogatoire » ou au delà),
L’extension de la durée encadrant les obligations liées au parcours doctoral (tel que le portfolio),
La non-tenue des comités de suivi, en présentiel ou à distance,
Le report des dépôts des thèses, sauf demande explicite venant du·de la doctorant·e,
La reprogrammation des soutenances de thèses pour l’année universitaire 2020-2021 et l’annulation des soutenances à distance, sauf demande explicite venant du·de la doctorant·e.
Nous appelons également les jurys de qualification et de recrutement aux postes de MCF à prendre en compte ces difficultés lors des prochaines années. Les financements pour les contrats doctoraux et postdoctoraux, les ATER, les CDD LRU, et les vacataires doivent être étendus pour la durée de confinement. Nous espérons que l’université prendra la mesure des difficultés qui nous touchent et qu’elle fera le nécessaire pour que tou·te·s les doctorant·e·s puissent poursuivre leur thèse sereinement.
Les Doctorant·e·s Mobilisé·e·s pour l’Université de Paris 1

CT du 21 Avril 2020 – Communiqué des élus.es CGT – Snasub FSU – Snesup FSU – Sud Education

Le Comité Technique de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne s’est réuni ce matin 21 avril et a abordé plusieurs points, en particulier celui des congés.

Les élu.e.s étaient unanimes pour souligner les difficultés rencontrées par les collègues pendant cette période de confinement. Ils.Elles ont souligné que les dispositifs de l’ordonnance du 15 avril relative à la prise de jours de réduction du temps de travail ou de congés, sont considérés comme répressifs par les agent.e.s. Leur application aura un effet dévastateur sur la motivation des agent.e.s qui, quel que soit leur statut de travail, sont dans une situation, y compris psychologique, difficile.

Nous avons demandé que la même politique soit appliquée à toutes et tous avec justice et « bienveillance ». Il ne saurait être question qu’un agent qui, à un titre ou à un autre, a exercé des missions ou en a été empêché car il n’a pu disposer du matériel nécessaire, parce que la nature même de son travail ne permet pas de travailler à distance, ou pour garde d’enfants ou pour toutes autres raisons, perde des jours de congés. Les collègues vont sortir épuisés de plus de 2 mois de confinement forcé et il n’est pas utile d’en rajouter.

La direction de l’Université a admis la difficulté de faire des distinctions entre les collègues dans ce contexte particulier. Elle s’est engagée à poursuivre la négociation dans le cadre du CT sur la base de ne retirer aucun jour de congé durant cette période.

Par ailleurs des pistes sont avancées pour gérer les congés annuels 2019-2020 :

– Allonger la période de report des reliquats des congés 2019-2020 au 31 juin 2021 ;

– Augmenter pour ceux qui le souhaitent, le nombre de jours pouvant être déposés sur le CET pour 2019-2020 ;

– Augmenter le nombre de jours de reliquats pouvant être indemnisé.

Nous restons vigilant.e.s et attenti.f.ve.s pour affiner ce dispositif pour qu’aucun collègue ne soit pénalisé.e.

Les élu.e.s CGT – Snasub FSU – Snesup FSU – Sud Education, du Comité Technique.

Communiqué de l’Intersyndicale de Paris 1 en réaction à la CFVU du 16 avril 2020

Nous souhaitons par ce communiqué alerter l’ensemble de la communauté universitaire sur les conditions délétères dans lesquelles s’est déroulée la CFVU du 16 avril 2020. Nous rappelons que le respect des élu·es, quel que soit leur statut, est une marque de respect à l’égard de l’ensemble des collègues et étudiant·es qu’ils et elles représentent au sein de ces conseils. C’est tout le sens de la démocratie universitaire qui est en jeu lorsqu’une parole est coupée, discréditée, ou niée.

 

Appeler à la bienveillance n’a aucune valeur quand les élu·es sont verbalement agressé·es ou intimidé·es lorsqu’ils et elles tentent de faire entendre leur position. Nous notons d’ailleurs que les élu·es étudiant·es ont parlé hier d’une seule voix. Cette situation exceptionnelle aurait dû appeler à plus d’écoute et de prise en compte des difficultés auxquelles ils et elles font face aujourd’hui, comme le rappelaient ces élu·es.

La CFVU a finalement voté en faveur de la motion présentée par les élu·es étudiant·es. De nombreuses voix s’en sont indignées.

 

A notre grand étonnement, le Président a annoncé dans un mail envoyé le 17 avril que la motion adoptée par la CFVU est caduque et qu’il ne la soumettra pas au CA du 23 Avril. Or la CFVU est seule habilitée à prendre des décisions en matières d’examens et d’évaluation, en vertu de notre règlement intérieur mais aussi de l’Ordonnance n° 2020-351 du 27 mars 2020 relative à l’organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire née de l’épidémie de covid-19.

Aucune autre instance, ni même la présidence ne peut se substituer à la CFVU qui n’a voté aucune délégation de compétences à ce jour.

 

Nous appelons donc à instaurer les conditions d’un dialogue serein et respectueux avec l’ensemble des élu·es de la CFVU afin de trouver une solution satisfaisante pour tous dans une situation exceptionnelle qui appelle des mesures exceptionnelles. Prétendre que la continuité pédagogique qui a été assurée suffit à tout résoudre n’a pas de sens ; ce n’est pas le cas pour le baccalauréat, ce ne peut être le cas pour les examens universitaires. Rappelons enfin qu’une licence compte 6 semestres et que la décision d’aménager les examens d’un semestre sur 6 doit être ramenée à sa juste mesure.

Fait à Paris, le 18 avril 2020

Organisations signataires : FERC Sup CGT, SNASUB-FSU, SNESUP-FSU, SUD Education.