Courrier de la Ministre de l’ESR : SUD éducation dénonce une lettre insultante

Communiqué de SUD éducation

 

La Ministre Frédérique Vidal a adressé mercredi 13 mai un courrier aux « membres de la communauté de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation ». En guise de remerciement à l’attention de ces derniers, la Ministre réaffirme sa volonté de mener à terme son projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) pourtant largement rejeté. SUD éducation dénonce une lettre qui mêle insulte et provocation.

Ce courrier est insultant lorsque la Ministre loue l’« engagement », l’« énergie », l’« ambition », les « efforts », la « solidarité » et la « créativité » des agent-e-s du service public d’enseignement supérieur et de recherche (ESR). Celles-ci et ceux-ci n’ont aucunement besoin qu’un Ministère ordinairement maltraitant et méprisant leur attribue des bons points ou leur délivre une appréciation teintée de macronisme et de paternalisme. Les remerciements de la Ministre et le renouvellement de sa « confiance » résonnent comme autant d’insultes, lorsque ce qui est demandé par toutes les catégories de personnel et par leurs organisations, c’est qu’on réponde à leurs revendications : une campagne massive de recrutement de personnels titulaires pour résorber la précarité ; une augmentation du financement structurel permettant de mener des actions de recherche et de formation de manière sereine et efficace ; des conditions matérielles permettant aux établissements d’accomplir leurs missions et aux étudiant-e-s de poursuivre leur formation dans de bonnes conditions.

C’est pourtant là que la Ministre redouble d’insulte à l’égard du service public d’ESR, en affirmant que la reconnaissance du Ministère à l’égard des agent-e-s va se manifester sous la forme du projet de LPPR. Depuis l’automne, cette communauté à laquelle la Ministre s’adresse s’est massivement élevée contre les grandes orientations du projet gouvernemental esquissées à travers les rapports des trois groupes de travail LPPR : accroissement de la précarité, mise en concurrence accrue des personnels, formations, équipes et établissements, soumission de la recherche aux exigences du pouvoir politique et du patronat. Affirmer que la LPPR va constituer la matrice de l’action du Ministère pour les 10 prochaines années est donc une provocation à l’égard des milliers d’agent-e-s précaires et titulaires qui se sont mobilisé-e-s pendant plusieurs mois, se sont réuni-e-s en assemblées générales et en coordinations, ont voté des motions, ont retenu des notes et refusé de tenir des jurys, ont tenu des grèves longues et ont mis l’enseignement supérieur et la recherche à l’arrêt à partir du 5 mars.

Présenter cette même LPPR comme « l’un des plus importants mouvements de revalorisation salariale que notre système d’enseignement supérieur et de recherche a connu » est un leurre, lorsque la rémunération des agent-e-s du service public d’ESR s’est effondrée au cours des deux dernières décennies et lorsque le rapport du groupe de travail sur l’« Attractivité des emplois et des carrières scientifiques » préconise une revalorisation exclusivement par le biais de primes renforçant les inégalités entre les agent-e-s. SUD éducation revendique au contraire une augmentation générale des salaires et la réduction des écarts de rémunération.

Peut-être la Ministre espère-t-elle tirer profit, pour faire passer son projet, de la fatigue physique et psychique liée à l’épidémie et au confinement, de la surcharge de travail provoquée par les évaluations à distance et du carcan imposé par le maintien du calendrier d’évaluation des formations et des établissements et de mise en place du BUT.

SUD éducation appelle les agent-e-s du service public d’ESR à réaffirmer leur opposition aux logiques de précarisation accrue, de mise en concurrence généralisée et mise au pas de la recherche avancées par les rapports des groupes de travail LPPR, et à faire obstacle à toute tentative du Ministère de passer en force sur ces dossiers.

 

 

 

 

Doctorat et confinement

Dans la continuité du débat ouvert par le communiqué de Mobdoc que nous reprenons à la fin de ce billet,
Un Communiqué de Solidaires étudiant-e-s et SUD éducation .

Dans le cadre de la lutte contre la pandémie covid-19, les doctorant·e·s, comme une grande partie de la population, ont dû se confiner. Le 13 avril dernier, nous avons appris que les établissements d’enseignement supérieur ne rouvriront pas avant septembre 2020. Cela pose un problème important, tant pour le travail de recherche des doctorant·e·s que pour leurs moyens de subsistance.

La mise en place des mesures de confinement suppose la fermeture des bibliothèques, des centres de recherche, d’archives et des laboratoires. Elle suppose aussi l’impossibilité concrète de mener toute enquête de terrain (pour les sciences humaines et sociales) ou toute expérimentation (pour les sciences de la nature et sciences formelles), qui sont indispensables aux travaux de recherche menés par les doctorant·e·s. Ils et elles sont ainsi nombreux·ses à être dans l’incapacité de poursuivre leur travail, et/ou à devoir en reporter l’exploitation à l’an prochain. Ces mois perdus auront pour conséquence un allongement inévitable des périodes de recherche et de rédaction.

De plus, ceux et celles qui sont en troisième année et qui ont la chance d’être financé·e·s ont été brutalement stoppé·e·s dans les dernières étapes, pour beaucoup cruciales, de leurs travaux. Ils et elles se retrouveront sans contrat quand ils et elles devront reprendre en septembre. Cette précarité financière les placera dans une position incompatible avec la menée sereine et à bon terme de leurs recherches.

Les fédérations Solidaires étudiant-e-s et Sud Education revendiquent :
• La réinscription de droit et automatique de l’ensemble des
doctorant-e-s pour l’année 2020-2021 ;
• L’extension pour 6 mois de tous les contrats doctoraux afin de
permettre à tou·te·s les doctorant·e·s de terminer leurs
recherches ;
• La non-prise en compte de ces 6 mois dans la comptabilisation de
la durée de la thèse telle qu’encadrée par l’article 14 de l’arrêté du 25 mai 2016

—-

Banalisation de l’année de thèse et extension des financements

Les nombreux mouvements sociaux et le confinement prolongé jusqu’au 11 mai ont induit des difficultés et une ambiance anxiogène pour beaucoup d’entre nous. Les conséquences sont lourdes sur le moral et le travail. Nous demandons une banalisation de l’année universitaire, afin qu’elle ne compte pas dans la durée de thèse, ainsi qu’une prise en compte de ces difficultés et aménagements lors des jurys de qualification et de recrutement aux postes de MCF à venir. Enfin, nous demandons un rallongement des financements des thèses, y compris des CDD d’enseignement qui en sont de fait une forme, correspondant au moins à la durée du confinement. Toutes ces demandes nous paraissent indispensables à la poursuite sereine de nos thèses.
Les différentes réformes présentées cette année ont fortement affecté la vie universitaire : la réforme des retraites et la LPPR ont impliqué de nombreux mouvements et actions de protestation. Pour les travailleur·euse·s les plus précaires, ces deux réformes n’ont fait qu’accentuer leur incertitude vis-à-vis de leur avenir. À cette situation politique, déjà anxiogène, s’est ajoutée une crise sanitaire qui aura un impact à long terme sur nos vies. Le confinement, constamment reconduit (à raison : la santé étant prioritaire), limite les sorties et force certain·e·s d’entre nous à vivre dans des conditions difficiles : isolement ou promiscuité dans des logement exigus, peu voire pas de ressources pour subsister, enfants à charge, entourage en détresse également. À cela s’ajoutent des difficultés plus spécifiques à la thèse : difficulté extrême, voire impossibilité d’accès au matériel pédagogique, aux bibliothèques ou aux terrains, impossibilité de soutenir à la date prévue ou de tenir les comités de suivi, difficultés accrues d’encadrement, impossibilité de poursuivre le parcours doctoral, etc. La sérénité nécessaire à la concentration est aujourd’hui remplacée par le stress quotidien des annonces gouvernementales et médiatiques, et ce alors que l’enseignement à distance a conduit à une angoisse et une charge de travail supplémentaires inattendues.
Plusieurs initiatives nationales ont déjà réclamé une extension des financements et des durées de thèses.
Citons notamment la pétition des doctorant·e·s en CIFRE et leurs encadrant·e·s souhaitant un prolongement des financements pour la durée du confinement, ou encore l’appel de l’AG Nationale des précaires de l’ESR du 27 mars 2020 demandant à étendre les CDD dans l’ESR pour la durée du confinement (autant pour les contrats doctoraux que postdoctoraux), la non-tenue des comités de suivi de thèse, ainsi que la réinscription automatique pour l’année universitaire 2020-2021 des doctorant·e·s (en 4e année « dérogatoire » ou au delà).
Alors que les réinscriptions en thèse sont conditionnées par le parcours doctoral et de ce fait par la tenue des comités de suivi, la validation de formations, et la présence à certains événements organisés par les UFR, l’Université Paris 1 ne peut décemment pas sanctionner les doctorant·e·s qui n’ont pu valider leur parcours cette année, en empêchant leur réinscription légitime en thèse.
Pour toutes les raisons évoquées, l’année parait difficilement « normale », et nous demandons une position officielle de la part de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, de son Collège des écoles doctorales et des directeur·trice·s des écoles doctorales sur la banalisation de l’année en cours, impliquant entre autre :
La réinscription automatique pour l’année universitaire 2020-2021 de chacun·e·s des doctorant·e·s (en 4e année « dérogatoire » ou au delà),
L’extension de la durée encadrant les obligations liées au parcours doctoral (tel que le portfolio),
La non-tenue des comités de suivi, en présentiel ou à distance,
Le report des dépôts des thèses, sauf demande explicite venant du·de la doctorant·e,
La reprogrammation des soutenances de thèses pour l’année universitaire 2020-2021 et l’annulation des soutenances à distance, sauf demande explicite venant du·de la doctorant·e.
Nous appelons également les jurys de qualification et de recrutement aux postes de MCF à prendre en compte ces difficultés lors des prochaines années. Les financements pour les contrats doctoraux et postdoctoraux, les ATER, les CDD LRU, et les vacataires doivent être étendus pour la durée de confinement. Nous espérons que l’université prendra la mesure des difficultés qui nous touchent et qu’elle fera le nécessaire pour que tou·te·s les doctorant·e·s puissent poursuivre leur thèse sereinement.
Les Doctorant·e·s Mobilisé·e·s pour l’Université de Paris 1

CT du 21 Avril 2020 – Communiqué des élus.es CGT – Snasub FSU – Snesup FSU – Sud Education

Le Comité Technique de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne s’est réuni ce matin 21 avril et a abordé plusieurs points, en particulier celui des congés.

Les élu.e.s étaient unanimes pour souligner les difficultés rencontrées par les collègues pendant cette période de confinement. Ils.Elles ont souligné que les dispositifs de l’ordonnance du 15 avril relative à la prise de jours de réduction du temps de travail ou de congés, sont considérés comme répressifs par les agent.e.s. Leur application aura un effet dévastateur sur la motivation des agent.e.s qui, quel que soit leur statut de travail, sont dans une situation, y compris psychologique, difficile.

Nous avons demandé que la même politique soit appliquée à toutes et tous avec justice et « bienveillance ». Il ne saurait être question qu’un agent qui, à un titre ou à un autre, a exercé des missions ou en a été empêché car il n’a pu disposer du matériel nécessaire, parce que la nature même de son travail ne permet pas de travailler à distance, ou pour garde d’enfants ou pour toutes autres raisons, perde des jours de congés. Les collègues vont sortir épuisés de plus de 2 mois de confinement forcé et il n’est pas utile d’en rajouter.

La direction de l’Université a admis la difficulté de faire des distinctions entre les collègues dans ce contexte particulier. Elle s’est engagée à poursuivre la négociation dans le cadre du CT sur la base de ne retirer aucun jour de congé durant cette période.

Par ailleurs des pistes sont avancées pour gérer les congés annuels 2019-2020 :

– Allonger la période de report des reliquats des congés 2019-2020 au 31 juin 2021 ;

– Augmenter pour ceux qui le souhaitent, le nombre de jours pouvant être déposés sur le CET pour 2019-2020 ;

– Augmenter le nombre de jours de reliquats pouvant être indemnisé.

Nous restons vigilant.e.s et attenti.f.ve.s pour affiner ce dispositif pour qu’aucun collègue ne soit pénalisé.e.

Les élu.e.s CGT – Snasub FSU – Snesup FSU – Sud Education, du Comité Technique.

Communiqué de l’Intersyndicale de Paris 1 en réaction à la CFVU du 16 avril 2020

Nous souhaitons par ce communiqué alerter l’ensemble de la communauté universitaire sur les conditions délétères dans lesquelles s’est déroulée la CFVU du 16 avril 2020. Nous rappelons que le respect des élu·es, quel que soit leur statut, est une marque de respect à l’égard de l’ensemble des collègues et étudiant·es qu’ils et elles représentent au sein de ces conseils. C’est tout le sens de la démocratie universitaire qui est en jeu lorsqu’une parole est coupée, discréditée, ou niée.

 

Appeler à la bienveillance n’a aucune valeur quand les élu·es sont verbalement agressé·es ou intimidé·es lorsqu’ils et elles tentent de faire entendre leur position. Nous notons d’ailleurs que les élu·es étudiant·es ont parlé hier d’une seule voix. Cette situation exceptionnelle aurait dû appeler à plus d’écoute et de prise en compte des difficultés auxquelles ils et elles font face aujourd’hui, comme le rappelaient ces élu·es.

La CFVU a finalement voté en faveur de la motion présentée par les élu·es étudiant·es. De nombreuses voix s’en sont indignées.

 

A notre grand étonnement, le Président a annoncé dans un mail envoyé le 17 avril que la motion adoptée par la CFVU est caduque et qu’il ne la soumettra pas au CA du 23 Avril. Or la CFVU est seule habilitée à prendre des décisions en matières d’examens et d’évaluation, en vertu de notre règlement intérieur mais aussi de l’Ordonnance n° 2020-351 du 27 mars 2020 relative à l’organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire née de l’épidémie de covid-19.

Aucune autre instance, ni même la présidence ne peut se substituer à la CFVU qui n’a voté aucune délégation de compétences à ce jour.

 

Nous appelons donc à instaurer les conditions d’un dialogue serein et respectueux avec l’ensemble des élu·es de la CFVU afin de trouver une solution satisfaisante pour tous dans une situation exceptionnelle qui appelle des mesures exceptionnelles. Prétendre que la continuité pédagogique qui a été assurée suffit à tout résoudre n’a pas de sens ; ce n’est pas le cas pour le baccalauréat, ce ne peut être le cas pour les examens universitaires. Rappelons enfin qu’une licence compte 6 semestres et que la décision d’aménager les examens d’un semestre sur 6 doit être ramenée à sa juste mesure.

Fait à Paris, le 18 avril 2020

Organisations signataires : FERC Sup CGT, SNASUB-FSU, SNESUP-FSU, SUD Education.

Annonces sur les examens : SUD éducation appelle à délivrer le baccalauréat et le DNB à tou-te-s les candidat-e-s inscrit-e-s

 

Vendredi 3 avril, le ministre Blanquer a fait un certain nombre d’annonces concernant les modalités de tenue des examens. La principale annonce consiste au contrôle continu des examens du second degré, Diplôme national du brevet et Baccalauréat pour les différentes filières et séries. Seront ainsi prises en compte les notes des deux premiers trimestre ainsi que celles du troisième trimestre si le confinement s’arrêtait suffisamment tôt. La deuxième session des E3C est annulée, et remplacée par une moyenne de la première et de la troisième session des E3C, pour par la moyenne des notes de l’année de première pour les spécialités que l’élèves ne poursuivraient pas en terminale. Dernière annonce importante, les élèves devront obligatoirement être présent-e-s en classe jusqu’au 4 juillet…. suite sur http://sudeducation75.org/article1387.html