SOUTIEN À LA LUTTE DES PRÉCAIRESDE LA BIBLIOTHÈQUE SAINTE-BARBE :

SUD Culture Solidaires et SUD Education soutiennent la lutte des moniteurs et monitrices étudiant-e-s de la bibliothèque Sainte-Barbe, à Paris, qui dépend de l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle.


Ces précaires sont mobilié-e-s depuis le samedi 5 décembre, avec déjà 3 journées de grève très suivies qui ont entraîné à chaque fois la fermeture de la bibliothèque, afin de réclamer :
– Que leurs salaires soient bien versés suite à la fermeture exceptionnelle de la bibliothèque au mois de novembre, à cause de la crise sanitaire et des mesures gouvernementales, sans avoir à rattraper leurs heures de travail.
– La garantie du maintien de leurs rémunérations sans rattrapage horaire en cas de nouveau confinement ou de nouvelle fermeture de la bibliothèque face à la pandémie en cours.
-Le retrait du projet de nouveaux contrats pour l’année universitaire 2021-2022 qui précariseraient encore plus leur situation et la garantie que leurs conditions de travail ne se dégraderont pas, notamment au niveau des congés et de la base d’heures fixes hebdomadaires.


Nous appuyons ces revendications et nous exigeons que la direction de l’université Paris III Sorbonne Nouvelle ouvre enfin de vraies négociations pour donner des réponses positives à ces demandes.
Nous appelons à soutenir la lutte des précaires de la bibliothèque Sainte-Barbe en participant à leurs actions, en venant les rejoindre sur les piquets de grève dans le respect des mesures de précaution sanitaire (voir les rendez vous ici MOET en Lutte – Moniteur·rice·s étudiant·e·s de la BSB en grève )
en signant leur pétition en ligne : http://chng.it/d9cPjVsWcV
et en versant à leur caisse de solidarité en ligne : https://www.leetchi.com/c/soutien-aux-moniteur-rice-s-etudiant-e-s-de-la-bsb

Au-delà de cette lutte, c’est bien la situation générale des moniteurs/trices étudiant-e-s et plus largement des précaires dans les bibliothèques et les universités qui est en cause. Un peu partout, dans l’enseignement supérieur comme dans les bibliothèques relevant du ministère de la Culture, les tentatives de remettre en cause les droits des précaires ou de créer des contrats encore plus précaires se multiplient. Il faut donc une lutte commune des précaires et des titulaires pour refuser cela et pour imposer une amélioration des droits des précaires, des créations de postes de titulaires et un vrai plan de titularisation sans condition.

LA PRÉCARITÉ N’EST PAS UNE FATALITÉ !


SUD Culture Solidaires : sud@culture.gouv.fr, https://sud-culture.org/
SUD Éducation : fede@sudeducation.org, https://www.sudeducation.org/
Solidaires Étudiant-e-s : contact@solidaires-etudiant-e-s.org, https://solidaires-etudiant-e-s.org/

Contre la précarité, à l’université comme partout ailleurs : tous⋅tes ensemble le 5 décembre !


La précarité explose en France. Personnes mal-logées, vivant grâce aux aides alimentaires ou aux minimas sociaux, travailleur⋅se⋅s exploité⋅e⋅s par des contrats courts et sous-payé⋅e⋅s, exploitation des travailleur⋅se⋅s sans-papier… On ne compte plus les situations invivables, et leurs conséquences désastreuses pour la santé : impossibilité de se soigner ou de se nourrir correctement, surmenage au travail, dépressions, suicides. Le tout dans des conditions de travail de moins en moins contrôlées, et soumises à l’arbitraire patronal (réduction du rôle des CHSCT ou de l’inspection du travail).  

Cette situation se double de l’explosion du chômage, d’autant plus en cette période de crise économique renforcée par l’épidémie de COVID. Nombre de petites entreprises ferment, faute de soutien de l’État, alors que les grands groupes profitent de la crise pour licencier massivement, et augmenter leurs dividendes (comme Danone, qui supprime près de 2000 emplois en Europe alors qu’elle est largement bénéficiaire, au profit de ses actionnaires).    

L’université n’est malheureusement pas épargnée par ce mouvement. La précarité étudiante, criante depuis des années, est de plus en plus visible depuis la tentative de suicide d’Anas, notre camarade lyonnais, l’an dernier. Le COVID a renforcé cette situation, ce qu’illustrent les collectes et distributions de nourriture à destination des étudiant⋅e⋅s autour de nombreuses universités, y compris Paris 1, mais également les problèmes de mal-logement, ou l’augmentation massive des cas de décrochage et de dépression.  

Pour les personnels également, la situation s’aggrave : nous avons déjà alerté sur les conditions de travail inacceptables pour de nombreux collègues BIATSS, notamment dans les services administratifs de l’université. Dans les bibliothèques, cela se traduit notamment par le recours à des contrats précarisant type CUI-PEC faiblement rémunérés en lieu et place de postes de titulaires. Mais la situation concerne également les vacataires, doctorant⋅e⋅s et ATER, dont la précarité statutaire se maintient au plus haut, et même les enseignant⋅e⋅s titulaires, menacé⋅e⋅s par la casse des statuts inscrite dans la Loi de Programmation de la Recherche (LPR) et l’augmentation massive des heures de travail dans le cadre de l’enseignement à distance.  

  Cependant, de nombreuses luttes se mènent actuellement : rejet par le Conseil d’État d’une partie de la réforme de l’assurance-chômage obtenu grâce à Solidaires et la CGT, lutte contre les licenciements abusifs à Luxfer, reprise d’entreprises de masques sous la forme de coopératives en Bretagne, Marche des Solidarités pour exiger la régularisation massive des sans-papiers, grève massive des assistant⋅e⋅s d’éducation (AED) ce mardi dans l’éducation nationale… À l’université également, la mobilisation s’intensifie, notamment autour du collectif des précaires de l’ESR présent⋅e⋅s en masse aux dernières mobilisations, ou des moniteur⋅trice⋅s-étudiant⋅e⋅s de la bibliothèque Sainte-Barbe, en grève ce samedi pour leurs conditions de travail.    

Dans la suite de ces mouvements, et face à ces politiques de précarisation, nous exigeons une meilleure répartition du temps de travail par la semaine de 32h, une augmentation des salaires, une titularisation massive de tous⋅tes les précaires. C’est pourquoi nous appelons à un vaste rassemblement ce samedi 5 décembre, à 14h, porte des Lilas. Vous pouvez avoir accès à l’autorisation spécifique de déplacement et au communiqué intersyndical via le lien suivant : http://sudeducation75.org/article1461.html    

Contre le chômage et pour nos droits, toutes et tous dans la rue ce samedi 5 décembre !

Situation critique des RH et des services administratifs à Paris 1

    Depuis des années, nous constatons une dégradation des conditions de travail au sein des services centraux. Précarisation des personnels, restructuration arbitraire des services, management délétère, rien de tout cela ne permet de travailler de manière sereine dans notre université. Cette dégradation a des conséquences très nettes pour nos collègues : souffrance au travail, harcèlement, turnover intense dans de nombreux services (4 gestionnaires pour les doctorant⋅e⋅s de l’UFR 09 depuis la rentrée…).  

Ces problèmes entraînent également de nombreux dysfonctionnements pour les étudiant⋅e⋅s et les personnels de l’université : très longs délais dans le traitement de dossiers avec leurs conséquences (problèmes d’inscription, manque de documents pour d’autres administrations), parfois même absence totale de réponse, paiements avec plusieurs mois voire années de retard, erreurs sur les paies, contrats non-signés… Tous ces dysfonctionnements peuvent entraîner des situations dramatiques, pour les doctorant⋅e⋅s étranger⋅ère⋅s ayant besoin de visas pour pouvoir entrer en France, pour l’accès à certaines aides sociales, allant même parfois jusqu’à des endettements très lourds, ou encore jusqu’à la perte d’un concours ou un refus de détachement pour n’avoir pas pu récupérer à temps un document pourtant existant !  

L’administrateur provisoire de l’université tente, depuis la rentrée, de mettre en place la contractualisation des enseignant⋅e⋅s vacataires. Cette intention serait louable si seulement il se préoccupait de l’état de délaissement humain et financier des services des ressources humaines, et de manière générale, de la charge de travail croissante des services administratifs dont les conditions de travail permettent actuellement tout juste d’effectuer les missions existantes. Ces coups de communication effectués au mépris du travail quotidien des agent⋅e⋅s de l’université sont épuisants pour le personnel administratif comme pour les enseignant⋅e⋅s vacataires, qui font face à un dilemme inacceptable, devant accepter de subir des retards de paiement de plusieurs mois ou aller faire le siège du bureau d’agent⋅e⋅s surchargé⋅e⋅s qui ne sont pas en position de traiter l’ensemble des dossiers correctement. Il est illusoire de penser qu’une mensualisation des vacataires – qui représentent plus de 70% des enseignant⋅e⋅s de l’université, et environ 30% des heures qui y sont enseignées – est possible sans recruter massivement, et de façon pérenne, des personnels administratifs à la hauteur des besoins, sans modifier le système de gestion informatique des dossiers et sans améliorer plus généralement les conditions de travail dans les services administratifs.

Donnons-nous les moyens de réaliser nos ambitions !  

Face à ces problèmes, nous réclamons :    

*la contractualisation des BIATSS vacataires et la titularisation des contractuel⋅le⋅s le désirant, pour améliorer leurs conditions de travail et permettre une meilleure stabilité des équipes ;    

*l’embauche massive de personnels administratifs titulaires pour permettre d’alléger et de mieux répartir la charge de travail ;    

*la prévention du harcèlement au travail et la fin de l’autoritarisme au sein des services centraux, ainsi que  la mise en place de vraies structures de prévention et d’accompagnement des personnels ;   

  *la prévention du harcèlement des étudiant⋅e⋅s et des doctorant⋅e⋅s et la mise en place de structures d’accompagnement dédiées ;    

*la mensualisation et la contractualisation des enseignant⋅e⋅s vacataires, afin de diminuer le nombre de dossiers à gérer et d’améliorer leurs conditions de travail ;   

  *l’ouverture de nouveaux postes d’enseignant⋅e⋅s statutaires : doctorant⋅e⋅s contractuel⋅le⋅s, ATER, enseignant⋅e⋅s chercheur⋅e⋅s titulaires, etc., pour favoriser la stabilité des équipes pédagogiques et diminuer la charge de travail des services de ressources humaines.    

Nous appelons les différentes listes se présentant aux élections pour les conseils centraux à se positionner clairement sur ces différents points, et à agir dès le début de la nouvelle mandature. Nous resterons particulièrement attentif⋅ve⋅s à ces questions : les conditions de travail de nos collègues BIATSS ne doivent pas être sacrifiées.


L’équipe de Sud-Education Paris 1
 

Le Sénat a voté des amendements qui aggravent encore le projet de LPR. Le projet de LPR doit être abandonné !

Ce communiqué a été publié le 06/11/2020

L’examen parlementaire de la LPR se poursuit et l’opposition ne faiblit pas. Sur tous les éléments importants qui fondent notre opposition à cette réforme, il est de notre devoir de continuer à faire vivre le mouvement de contestation. Notre colère s’est accrue avec l’adoption par le Sénat de plusieurs amendements. Non seulement le Sénat a validé la mise en place des dispositifs que sont les chaires juniors et les contrats de projets qui remettent en cause nos statuts et renforcent la précarité, mais les amendements nouveaux vont encore plus loin dans les attaques contre nos statuts et le démantèlement de l’enseignement supérieur et de la recherche publique.

L’amendement 234 modifie notamment l’article L 952-2 du Code de l’éducation pour assujettir les libertés universitaires au “respect des valeurs de la République” ce qui est une atteinte pure et simple à notre liberté d’expression, liberté indispensable à l’exercice de nos missions.

L’amendement 150, et le sous-amendement qui le prolonge, remet en cause l’exigence de qualification par le CNU pour l’accès aux corps de PU et de MCF. Il s’agit là d’une remise en cause frontale d’une instance élue démocratiquement et du caractère national des concours de recrutement de fonctionnaires d’Etat. C’est la porte ouverte à des recrutements faits sur la seule volonté de pouvoirs locaux.

L’amendement 147 promet quant à lui un an d’emprisonnement et 7 500 € d’amende pour les personnes étant entrées dans un établissement d’enseignement supérieur « dans le but d’entraver la tenue d’un débat organisé dans les locaux de celui-ci ». Un délit qui porte donc sur une intention, impossible à caractériser précisément, qui remet en cause les franchises universitaires et qui constitue potentiellement une entrave aux mouvements sociaux.

Tout en réaffirmant leur exigence d’abandon de la LPR, les organisations signataires demandent à la commission mixte paritaire qui doit se réunir le 9 novembre prochain de retirer l’ensemble de ces amendements. En soutien de cette demande, elles appellent l’ensemble de nos collègues à continuer à faire entendre leurs voix en signant les pétitions existantes, en faisant voter des motions par les instances susceptibles de se réunir dans ce délai et en organisant des assemblées générales, si nécessaire en visio-conférence, pour convaincre l’ensemble des personnels que la lutte se poursuit.

Au-delà de cette échéance, nous continuerons en effet à exiger des moyens et des postes de titulaires à la hauteur des besoins de l’ESR dans le cadre de la quatrième loi de finances rectificative de 2020, du plan de relance et du projet de loi de finances pour 2021. Nous nous adresserons également aux parlementaires pour leur demander de saisir le Conseil constitutionnel sur les points de la LPR qui seraient contraires à la Constitution.

Signataires : SNTRS-CGT, CGT FERC SUP, CGT-INRAE, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, SNETAP-FSU, FO-ESR, SUD EDUCATION, SUD RECHERCHE EPST, SOLIDAIRES ETUDIANT-E-S, UNEF, L’ALTERNATIVE, FACS ET LABOS EN LUTTE, CJC

À la fac, une offensive autoritaire.



La semaine dernière, le gouvernement a pris la décision d’un reconfinement, sans moyens et sans consignes nationales, tout en maintenant une grande partie de l’activité économique. L’objectif est clair : plus de loisirs, de vie familiale ou amicale, mais le travail comme seule activité, alors même que les transports et les espaces de travail sont un des endroits où se font massivement les contaminations. Cette décision, prise de manière autoritaire et imposée brutalement, témoigne d’une seule réalité : leurs profits valent plus que nos vies.

À l’université Paris 1 également, les consignes sont des plus floues et fluctuent au jour le jour, notamment concernant les bibliothèques universitaires ou les conditions de travail des BIATSS. Alors qu’un nouveau confinement paraissait de plus en plus crédible dès la rentrée, l’administrateur provisoire a préféré prendre des décisions seul, sans aucune consultation des syndicats ou des collègues, pourtant concerné⋅e⋅s en priorité par ces mesures.
En matière d’enseignement, des cours à distance imposés sans aucune organisation préalable forcent enseignant⋅e⋅s (particulièrement les plus précaires) et étudiant⋅e⋅s à se débrouiller avec leurs propres moyens et dans l’urgence.
Nous ne pouvons pas assumer un nouveau confinement sans certitude sur nos conditions de travail et de santé!

Cet autoritarisme latent est renforcé par de nouveaux amendements à la Loi de Programmation de la Recherche (ex-LPPR) ajoutés en catimini la nuit du 28/10 au Sénat :

– suppression du Conseil National des Universités (CNU) qui, malgré ses défauts, était une instance élue et collégiale, au profit des décisions arbitraires entre amis.

– délit « d’intention d’entraves aux débats universitaires » qui servira à empêcher préventivement toute opposition à des interventions racistes ou sexistes au sein de l’université sous peine de prison. C’est une grave pénalisation des étudiant⋅e⋅s, et une atteinte au droit de faire de l’université un espace politique, avec toutes les dérives imaginables de la part de présidences d’universités qui n’ont parfois pas caché leurs opinions politiques.

– restriction des libertés académiques qui ne pourraient s’exprimer que « dans le cadre des valeurs de la République ». On sait cependant qu’elles ne sont pas fixes et qu’elles peuvent être entendues dans un sens très conservateur, dans la lignée des attaques incessantes depuis une semaine contre les « islamo-gauchistes » et les universitaires, notamment en sciences humaines, qui justifieraient le terrorisme en travaillant sur l’islamophobie.

Pour en savoir plus, un lien vers un billet du blog Academia qui explique bien la situation :https://academia.hypotheses.org/27401
Vous pouvez également signer la pétition, initiée par RogueESR, contre la LPR : http://rogueesr.fr/une_autre_lpr/

Face à cet autoritarisme croissant, qui se fait au détriment de la santé des travailleur⋅euse⋅s et des étudiant⋅e⋅s, nous exigeons une affirmation de la démocratie universitaire et nous appelons à nous organiser, d’abord en se syndiquant, et en refusant d’appliquer toutes les consignes qui pourraient nuire à notre santé ou à notre vie privée, par l’usage du droit de retrait ou l’action collective.

En cas de problème avec votre hiérarchie, de harcèlement, ou de difficultés matérielles, vous pouvez nous contacter.



Ce n’est pas parce que nous sommes confiné⋅e⋅s que nous devons rester isolé⋅e⋅s !


Sud-Education Paris 1

Reunion SUD Paris 1

la réunion de rentrée se déroule lundi 12 octobre à 18h au local de la section (salle C1603 du centre PMF – Tolbiac).
Ordre du jour
– Présentations,
– Point sur les différents dossiers en cours + décisions relatives à l’organisation
– Point sur la rentrée : administration provisoire, enseignement à distance, conditions de travail,
– Point sur les élections,
– Point LPPR
Pot !

Salut à tout.e.s,

LPPR la remobilisation,c’est maintenant !

A la suite de la convocation en rafale des différentes instances de « dialogue social », les organisations syndicales ont découvert avec stupéfaction que le gouvernement comptait accélérer le calendrier de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). SUD éducation dénonce la tentative de passage en force du Ministère de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation (MESRI) et appelle l’ensemble des personnels à se mobiliser dès maintenant pour faire échec à ce projet de loi inégalitaire et darwinienne.

Un passage en force inacceptable
La Ministre le suggérait dans le courrier qu’elle a adressé à la communauté universitaire le 13 mai : les efforts déployés par les personnels du service public d’enseignement supérieur et de recherche pendant la crise sanitaire seraient récompensés par… la mise en œuvre de la LPPR, ce projet honni qui a suscité une mobilisation massive de décembre à mars. La Ministre démontrait ainsi sa déconnexion complète par rapport à la réalité vécue de toutes les catégories de personnel et de leurs aspirations.
Ce qui pouvait alors encore s’apparenter à une mauvaise plaisanterie prend un aspect sinistre, lorsque le MESRI met désormais sa menace à exécution : les élu-e-s du personnel viennent de recevoir, simultanément, des convocations pour des réunions exceptionnelles des instances, respectivement les 12 juin (CNESER), 17 juin (CTMESR) et 22 juin (CTU), avec pour seul point à l’ordre du jour le projet de loi LPPR. Le texte du projet de loi, ainsi que l’ensemble des documents qui l’accompagnent pour un total de 220 pages, n’ont été transmis aux élu-e-s au CNESER que dimanche 7 juin.
Le MESRI annonce un passage du projet de loi LPPR au Conseil des Ministres le 8 juillet. Ce calendrier accéléré ne peut être compris que comme une tentative de prendre de vitesse une communauté universitaire et scientifique qui sort épuisée du confinement, de la pseudo-continuité pédagogique et des évaluations à distance imposées et doit maintenant préparer la rentrée prochaine dans une confusion alimentée par les incohérences du Ministère.
Ce calendrier révèle l’opportunisme d’un Ministère qui mise sur les difficultés à remobiliser dans un contexte où le télétravail a éclaté les collectifs de travail et où l’ignoble restriction des libertés publiques rend plus difficile l’action collective. Il éclaire aussi en creux les peurs d’un Ministère qui sait que son projet fait l’objet d’un rejet majoritaire et ne pourra être imposé que par la force.

Faire échec à la LPPR, maintenant
Le Ministère anticipe un boycott des instances, ce pourquoi les convocations envoyées aux représentant-e-s du personnel sont déjà assorties de l’indication de leur éventuelle reconvocation, sans quorum, une semaine plus tard. Ces instances et leur « dialogue social » ne doivent pas faire illusion : pour faire échec à la LPPR, une (re)mobilisation large est nécessaire, dès maintenant.

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SUD éduc – communiqué – LPPR – 8 juin

SUD éducation dénonce l’indignité d’un Ministère qui tente de mettre à profit les effets de la crise sanitaire pour imposer son projet largement rejeté, et appelle l’ensemble des personnels :

  • à s’organiser collectivement et à passer à l’action pour mettre en échec ce pouvoir cynique et opportuniste ;
  • à se réunir entre collègues, selon les modalités possibles, au niveau des services, labos, départements, composantes, établissements, sites universitaires ;
  • à déterminer ensemble des modalités d’action qui permettront de créer un rapport de force : motions, pétitions, grève, retenue des notes, non-tenue des jurys, refus de préparer la rentrée universitaire, etc. ;
  • à coordonner la mobilisation, à participer aux actions et initiatives prévues au niveau de l’enseignement supérieur et la recherche les 12 et 17 juin et à les décliner localement ;
  • se joindre à la mobilisation de nos collègues du service public de la santé le 16 juin.

Renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable : des ambitions sans moyens

En juin 2020, un projet d’arrêté modifiant le programme des cycles 2, 3 et 4 sur le “Renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable” est présenté au Conseil supérieur des programmes. Cet arrêté fait suite à celui du printemps 2019, puis de décembre 2019. Le ministère tâtonne et cherche à répondre aux demandes sociétales.

Quelles avancées ?
De nouveaux appuis sont proposés aux équipes enseignantes, et ce dans une perspective interdisciplinaire. L’enseignement au changement climatique, à la biodiversité, à la préservation de l’environnement est présenté comme un enjeu majeur de la formation des élèves. La sensibilisation aux enjeux climatique est ainsi distillée dans toutes les disciplines (matériaux en arts plastiques, conditions environnementales des pays étudiés en langues vivantes,…).

Les progrès se font surtout dans les matières scientifiques. En mathématiques, les exercices de calculs sur des enjeux liés au changement climatique sont mentionnés. En SVT, les conséquences négatives et positives des actions humaines sont suggérées : l‘acidification des océans, les dégradations des sols,… Mais le manque de recul critique sur certains aspects de la science demeure avec l’enseignement des biotechnologies pour l’environnement . En technologie, le coût environnemental des produits est introduit avec la référence à une démarche d’éco-conception.

Sur le cycle 4, on peut noter des points positifs avec des pistes pédagogiques en français dans le thème « agir dans le monde » sur le rapport à la nature, aux dégradations environnementales. Au contraire, le glissement sémantique du programme de géographie laisse perplexe : le thème « Prévenir les risques, s’adapter au changement global » devient « L’environnement, du local au planétaire ». Le changement global climatique et ses principaux effets géographiques régionaux reste mentionné, mais en sous objectif. Par ailleurs, tout est dorénavant axé autour des Objectifs du Développement durable de l’ONU. Intentions louables, mais qui débouchent sur des approches pédagogiques purement théoriques pour des adolescent-es ! Les équipes vont enseigner des logo et de beaux projets
mondiaux pour 2030.

Conclusion
SUD éducation salue la volonté d’inscrire la formation à la conscience écologique, l’éducation à la préservation de l’environnement dans les programmes. Toutefois ceux-ci mettent l’accent sur une démarche de responsabilisation individuelle voire de culpabilisation. Sur les cycles 1 à 4, l’étude des politiques environnementales globales et des choix politiques menés ne sont pas présentés comme objet d’étude. Il est proposé de travailler sur le coût
environnemental du numérique et ce, alors même que le ministre prône “une civilisation ultra numérique”.

Enfin, cet enjeu majeur de la formation des citoyen-nes vient se surajouter aux multiples autres enjeux. Un objectif de plus dans des programmes déjà très lourds, que les équipes devront mettre en place après 4 mois où l’école n’aura pas fonctionné normalement. L’emploi systématique de termes conditionnels montre que cet objectif est strict mais que son
application sera sûrement souple !

Les formations, les outils pédagogiques conditionneront l’appropriation de cet énième objectif essentiel. Donner des moyens pour assurer ces missions d’éducation à l’environnement serait la base : quels moyens aux sorties scolaires, aux « activités dehors », à la végétalisation des écoles et établissements scolaires ? En effet cette énième réforme s’inscrit dans un perspective théorique des savoirs transmis et ne permet pas de s’approprier concrètement les enjeux comme dans l’école polytechnique défendue par SUD éducation.

Pour les programmes scolaires, SUD éducation revendique :
• un plan de formation renforcé dans l’artisanat, l’agriculture avec l’inscription dans le cursus obligatoire en lycée agricole de la formation à l’agriculture biologique notamment
• dans les filières du bâtiment renforcer la formation à la rénovation énergétique, à l’isolation du bâti, matériaux écologiques, énergies renouvelables, etc ;
• une véritable prise en compte de la question écologique dans les programmes scolaires afin que ceux-ci permettent d’étudier l’impact du capitalisme et de ses structures sociales, et ne se contentent pas d’injonctions au changement des comportements individuels.
• Des moyens pour permettre aux équipes de mettre en œuvre 1/ des activités écologiques concrètes avec de petits groupes : création de jardins potagers, ateliers de réparation et de construction des objets de la vie courante, etc …. 2/ la pratique d’activités artistiques en petits groupes, musique, sculpture, peinture, afin de vraiment préparer la jeunesse au monde de demain.

Pour que le monde d’après ne soit pas comme le jour d’avant : le 16 juin faisons exploser notre colère !

 

Depuis des années, les personnels hospitaliers alertent sur le délabrement des hôpitaux, les réductions de personnel et les fermetures de lits, en résumé sur la « rationalisation managériale » des dépenses qui entraine que les patient·es sont traitées avec un chronomètre en main, avec de moins en moins moyens humains et financiers et de moins en moins de temps pour une attention de qualité. Cela fait des années également qu’en tant qu’usagers et usagères, nous remarquons que la situation du service public de santé se dégrade dangereusement. Mais qui a envie de penser à maladie, à la fin de vie… bref à l’hôpital ? Souvent, quand on n’est pas malade ou avec des proches malades, on préfère tenir éloignée de nous l’idée de la maladie, de la douleur ou de la mort . Et quand on commence à devoir fréquenter sérieusement les hôpitaux, pour nous même ou pour notre entourage, il devient difficile de trouver l’énergie ou le temps se mobiliser… c’est bien souvent pour cela que les soignant·es et personnels travaillant dans les hôpitaux se sont retrouvé·es seul·es dans les manifestations pour dénoncer la dégradation de la qualité des soins et de leurs conditions de travail provoquée par les politiques libérales.

Avec l’épidémie de Covid-19 les conséquences de la destruction du service public de santé nous ont explosé en pleine figure. Chaque soir à 20h nous avons applaudi les soignant·es et toutes les fameuses premières lignes obligé·es d’aller bosser. Nous avons gueulé des slogans rappelant que, au moins autant que le coronavirus, ce sont le délabrement des hôpitaux, le manque de personnel dans les EPAHD et les mauvais choix politiques qui ont causé des dizaines de milliers de morts. Nous avons accroché des banderoles à nos fenêtres… Maintenant il est temps de battre le pavé pour rappeler que, non seulement nous n’oublions pas, mais que nous sommes prêt·es à passer à l’offensive. Le mardi 16 juin les personnels hospitaliers appellent à une journée d’action pour sauver l’hôpital public et pour obtenir des conditions de travail et des rémunérations meilleures. Ne ratons pas ce rendez-vous !

Il ne s’agit pas seulement d’une solidarité fondamentale avec celles et ceux qui ont su assurer le soin de la population dans des conditions terribles, mettant leur santé, voire leur vie, en danger, sans masques protecteurs et sans blouses dignes de ce nom. Nous devons aussi rappeler haut et fort que le service public de santé, les services publics de façon générale, sont les seules choses qui appartiennent à toutes et à tous, y compris à celles et ceux qui ne possèdent rien. Depuis plus de 30 ans c’est un bien commun qui est sans cesse rogné et attaqué et c’est ce bien commun qu’il faut reconquérir, le 16 juin étant une étape !

Dans l’éducation comme ailleurs, la crise sanitaire a contribué à faire sauter des verrous : les personnels ont été et sont maintenus dans une précarité maltraitante quant à leur situation. Organiser et réorganiser sans cesse l’accueil des élèves, ne savoir parfois que la veille pour le lendemain si il sera possible de garder ses propres enfants ou non, assurer à la fois le travail à distance avec les élèves ne pouvant pas retourner à l’école et le travail en présentiel en classe, trier les enfants qui pourront ou non être accueilli·es à l’école… Et parmi tout cela, travailler dans des conditions sanitaires mettant parfois notre propre santé en péril et nous obligeant à mettre en œuvre un protocole sanitaire inapplicable, qui ne leur laisse quasiment aucun temps de pause dans la journée… Au milieu de ce naufrage, Blanquer essaie même de faire croire qu’il se préoccupe en premier lieu des élèves dans les situations les plus précaires alors qu’il organise un système scolaire qui concentre ses efforts sur les plus favorisé·es. Les zones d’implantation des EPLEI, ces écoles internationales d’élite instituées par la loi Blanquer tout comme les cadeaux aux écoles privées en sont la preuve , de même que 2C2S, dispositif de prise en charge des enfants en dehors de la classe qui va permettre un transfert de compétences de l’Éducation nationale vers les collectivités et entraînera ainsi un accroissement des inégalités entre les territoires en matière d’offre de formation.

La crise sanitaire, outre le fait qu’elle a été très mal gérée par l’État dans tous les secteurs, est utilisée pour faire avancer des projets libéraux, réactionnaires et liberticides : plus de contrôle des personnes, de leurs déplacements notamment, mais aussi lancement d’applications permettant une surveillance digne de la littérature orwellienne, accentuation du télétravail qui favorise l’atomisation des équipes, remise en cause du temps de travail pour nous faire travailler plus, remise en cause des salaires et des conditions de travail… Toutes ces attaques du libéralisme autoritaire sont accompagnées d’un classique chantage à l’emploi ou à l’union nationale face à une crise annoncée comme sans précédent.

Face à cela, ces dernières semaines nos capacités collectives à relever la tête ont retrouvé de la vigueur grâce aux plus fragilisé·es et exposée·es socialement d’entre nous. Le samedi 30 mai une manifestation interdite réunissait plusieurs milliers personnes, la plupart sans papiers, pour réclamer leur régularisation et de nouveaux droits. Les mardi 2 juin et samedi 6 juin, des dizaines de milliers de personnes, la plupart issues des quartiers dits populaires et racisées, ont bravé les interdictions de manifester pour dénoncer les violences policières et le racisme d’État, en France comme aux États-Unis.

Ces interdits bravés la tête haute ne doivent pas rester sans lendemain : toutes et tous en grève et dans la rue le mardi 16 juin, avec les soignant·es, pour nous réapproprier ce qui nous appartient, les services publics, qu’ils soient de santé ou d’éducation, et pour que le monde d’après ne soit pas encore pire que celui d’avant !

Courrier de la Ministre de l’ESR : SUD éducation dénonce une lettre insultante

Communiqué de SUD éducation

 

La Ministre Frédérique Vidal a adressé mercredi 13 mai un courrier aux « membres de la communauté de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation ». En guise de remerciement à l’attention de ces derniers, la Ministre réaffirme sa volonté de mener à terme son projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) pourtant largement rejeté. SUD éducation dénonce une lettre qui mêle insulte et provocation.

Ce courrier est insultant lorsque la Ministre loue l’« engagement », l’« énergie », l’« ambition », les « efforts », la « solidarité » et la « créativité » des agent-e-s du service public d’enseignement supérieur et de recherche (ESR). Celles-ci et ceux-ci n’ont aucunement besoin qu’un Ministère ordinairement maltraitant et méprisant leur attribue des bons points ou leur délivre une appréciation teintée de macronisme et de paternalisme. Les remerciements de la Ministre et le renouvellement de sa « confiance » résonnent comme autant d’insultes, lorsque ce qui est demandé par toutes les catégories de personnel et par leurs organisations, c’est qu’on réponde à leurs revendications : une campagne massive de recrutement de personnels titulaires pour résorber la précarité ; une augmentation du financement structurel permettant de mener des actions de recherche et de formation de manière sereine et efficace ; des conditions matérielles permettant aux établissements d’accomplir leurs missions et aux étudiant-e-s de poursuivre leur formation dans de bonnes conditions.

C’est pourtant là que la Ministre redouble d’insulte à l’égard du service public d’ESR, en affirmant que la reconnaissance du Ministère à l’égard des agent-e-s va se manifester sous la forme du projet de LPPR. Depuis l’automne, cette communauté à laquelle la Ministre s’adresse s’est massivement élevée contre les grandes orientations du projet gouvernemental esquissées à travers les rapports des trois groupes de travail LPPR : accroissement de la précarité, mise en concurrence accrue des personnels, formations, équipes et établissements, soumission de la recherche aux exigences du pouvoir politique et du patronat. Affirmer que la LPPR va constituer la matrice de l’action du Ministère pour les 10 prochaines années est donc une provocation à l’égard des milliers d’agent-e-s précaires et titulaires qui se sont mobilisé-e-s pendant plusieurs mois, se sont réuni-e-s en assemblées générales et en coordinations, ont voté des motions, ont retenu des notes et refusé de tenir des jurys, ont tenu des grèves longues et ont mis l’enseignement supérieur et la recherche à l’arrêt à partir du 5 mars.

Présenter cette même LPPR comme « l’un des plus importants mouvements de revalorisation salariale que notre système d’enseignement supérieur et de recherche a connu » est un leurre, lorsque la rémunération des agent-e-s du service public d’ESR s’est effondrée au cours des deux dernières décennies et lorsque le rapport du groupe de travail sur l’« Attractivité des emplois et des carrières scientifiques » préconise une revalorisation exclusivement par le biais de primes renforçant les inégalités entre les agent-e-s. SUD éducation revendique au contraire une augmentation générale des salaires et la réduction des écarts de rémunération.

Peut-être la Ministre espère-t-elle tirer profit, pour faire passer son projet, de la fatigue physique et psychique liée à l’épidémie et au confinement, de la surcharge de travail provoquée par les évaluations à distance et du carcan imposé par le maintien du calendrier d’évaluation des formations et des établissements et de mise en place du BUT.

SUD éducation appelle les agent-e-s du service public d’ESR à réaffirmer leur opposition aux logiques de précarisation accrue, de mise en concurrence généralisée et mise au pas de la recherche avancées par les rapports des groupes de travail LPPR, et à faire obstacle à toute tentative du Ministère de passer en force sur ces dossiers.